Prison de Jamioulx (Ham-sur-Heure/Nalinnes)
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Prison de Jamioulx (Ham-sur-Heure/Nalinnes) © photo_news

La prison de Jamioulx va-t-elle craquer? “On craint de nouvelles émeutes”

InterviewIl y a une dizaine de jours, environ vingt détenus avaient refusé de quitter le préau et avaient bouté le feu à différentes zones de la prison de Jamioulx (Ham-sur-Heure/Nalinnes). Aucun blessé n’a été recensé. Par contre, les dégâts matériels étaient importants. Depuis que le coronavirus a fait son apparition dans notre pays, les conditions de vie des prisonniers se sont détériorées.

“Oui, on craint de nouvelles émeutes. Peut-être pas d’une ampleur aussi grande que la dernière fois car on apprend de nos erreurs. Mais si les mesures de confinement sont encore prolongées, c’est ce à quoi on peut s’attendre. La tension est assez palpable” C’est ce que nous a confié le délégué syndical de la Centrale Générale des Services Publics (CGSP) à la prison de Jamioulx, Fabrice Dupont, lorsque nous l’avons contacté en fin de semaine dernière.

Pourtant, il n’avait pas vu venir la rébellion qui s’est produite le dernier week-end du mois de mars: “Non, je ne m’y attendais pas. Depuis le début de la crise du coronavirus, il y a bien eu quelques petites échauffourées. Mais c’était sans gravité. Il faut savoir qu’à la prison de Jamioulx, il règne une atmosphère particulière. En tout cas, c’est ce que je me plais à penser. Il y a plus d’écoute mutuelle entre les détenus et les agents pénitentiaires. Il y a moins de problèmes de violence des deux côtés des barreaux.”

Conditions de travail

Mais si la situation actuelle des détenus est précaire, celle des gardiens de prison n’estt pas non plus idéale: “Nos conditions de travail ne sont pas encore bonnes. Disons qu’elles pourraient être meilleures. Mais moins bonnes aussi. Le retour que j’ai de mes collègues est qu’ils se sentent mieux dans leur peau qu’au début de la crise. Ils ont reçu des masques en tissu. Ils sont bouillis, lavés et repassés chaque jour.”

Mais l’inquiétude n’a pas disparu complètement: “Le risque sanitaire est ce qui préoccupe le plus les agents comme les prisonniers. Si le coronavirus se répandait dans le microcosme de la prison, cela provoquerait une situation dramatique.” Car la propagation du virus est bien plus rapide que pour une simple grippe. Là où un grippé ne peut contaminer qu’une seule autre personne, un malade du coronavirus peut en contaminer trois autres. Or,“la proximité est inévitable en prison” nous rappelle Fabrice Dupont.

Toutefois, aucune contamination n’a été constatée jusqu’à présent au sein de l’établissement pénitentiaire: “Il y a eu deux cas suspects parmi les détenus. Ils ont été envoyés en cellules d’isolement. Mais il s’est avéré qu’ils n’étaient pas atteints par le Covid-19.”

Le Centre National de Crise (CNS) se réunira le 19 avril prochain pour décider de la prolongation ou non des mesures de confinement en Belgique jusqu’au 3 mai au moins.

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