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La protection du champ de bataille de Waterloo étendue

Le ministre wallon du Patrimoine Maxime Prévot a pris un nouvel arrêté de classement étendant la protection du site du "Champ de Bataille de Waterloo", a-t-il communiqué mercredi à l'approche du bicentenaire "Waterloo 1815-2015".

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Maxime Prévot, ministre wallon du Patrimoine. © belga

La décision vise la protection de 451 hectares complémentaires, presque intégralement des terrains agricoles. Au total, ce sont 986 hectares qui sont à présent inclus dans le périmètre de protection du site. Le village de Plancenoit (Lasne), fortement urbanisé, a logiquement été exclu du site, a précisé le ministre.

Concrètement, un tel arrêté de classement signifie que pour toute modification sur le site (construire ou démolir un bâtiment, (dé)boiser, placer un affichage publicitaire, modifier le relief du sol...), le propriétaire du terrain devra obtenir une autorisation préalable, précise un communiqué. Le demandeur s'adressera dès lors auprès de sa commune et des services compétents de la Région wallonne. "Autrement dit, cette extension de classement n'empêchera nullement un agriculteur de continuer à travailler, à cultiver ses terres, mais toute construction de bâtiment, par exemple, sera davantage cadrée."

L'extension du périmètre protégé tend à se rapprocher au plus près de la zone historique des différents affrontements, a justifié le ministre. Ce périmètre a été établi sur la base de documents, notamment la "carte de Craan" de 1815 (du nom de Willem Benjamin Craan, cartographe) et sa notice explicative, jugées fondamentales par les historiens de l'épopée napoléonienne.

Les zones de combats franco-prussiens incluses
Le site reprend désormais les zones de combats franco-prussiens qui avaient été omises en 1914 pour des raisons historiques. Lors du premier centenaire, les autorités allemandes n'ayant pas manifesté le même intérêt que les Anglais, la protection s'était limitée au Champ de Bataille franco-anglais.

Le site de Waterloo est toujours dans un état proche de celui qui existait au 19e siècle.

Il a bénéficié, le premier et de manière unique, d'une loi spéciale de protection promulguée le 26 mars 1914 par le roi Albert Ier. A l'approche du premier centenaire de la célèbre bataille, il avait été jugé nécessaire de réagir à la multiplication de bâtiments à vocation touristico-commerciale et d'éviter des dénaturations du site par une urbanisation anarchique. Cette législation a anticipé la loi pour la conservation des monuments et sites de 1931.

Un îlot de campagne bien préservé aux portes de Bruxelles
Enfin, la conservation du site s'explique par la vocation essentiellement agricole de la zone concernée. Ce vaste plateau s'inscrit dans un paysage aux ondulations douces, composé de sols d'excellente qualité. Ponctué de quelques bosquets et de fermes isolées liées aux événements, il constitue un îlot de campagne bien préservé aux portes de Bruxelles, s'étendant sur les communes de Braine-l'Alleud, Waterloo et Lasne.

Pour le ministre Maxime Prévot, l'extension de la protection du site du Champ de Bataille et le fait qu'il se trouve à présent sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'Unesco, première étape d'une proposition d'inscription par la Wallonie, permettra de renforcer encore davantage la valeur exceptionnelle de ce site pour notre Patrimoine.