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Jeroen, Melissa et leurs deux enfants © hln

"La semaine dernière, ce n'était encore qu'un léger mal de ventre, mardi, elle est décédée"

Melissa, une mère de 34 ans de la région de Torhout, est décédée ce mardi d'un cancer foudroyant. La mère de famille s'était rendue chez le médecin avec un simple mal de ventre trois semaines plus tôt. Le diagnostic était tombé jeudi: une rare forme de cancer de l'estomac. Cinq jours plus tard, elle succombait.

"Le 14 janvier dernier, Melissa s'est sentie un peu mal et s'est rendue une première fois chez le médecin. Cela ressemblait à une simple grippe intestinale mais après plusieurs jours, son état ne s'était toujours pas amélioré et elle a subi quelques examens. Ce n'est que le 1er février que nous avons appris qu'elle souffrait d'une forme agressive de cancer de l'estomac, qui touche pourtant surtout les hommes de plus de 70 ans. Ce week-end, elle est tombée dans le coma et mardi, elle avait déjà perdu son combat", explique son mari de 33 ans, Jeroen, qui se retrouve seul avec leurs deux enfants de 4 et 6 ans.  

"Elle avait perdu un peu de poids, mais s'en réjouissait"
Tout s'est déroulé tellement vite que les proches de Melissa Vandenberghe, une institutrice maternelle souriante et bien-aimée à Torhout, ne réalisent pas encore. Les premiers symptômes semblaient tellement anodins que personne ne s'était inquiété. La jeune mère de famille, qui n'était jamais malade, a ressenti ses premiers maux de ventre le 14 janvier dernier. "Elle s'est rendue chez le généraliste qui lui a prescrit une semaine de repos. Cela ressemblait juste à une gastro-entérite comme il y en a beaucoup en ce moment. Rien ne laissait présager quoi que ce soit de plus grave. C'est vrai que Melissa avait maigri, mais par choix, l'été dernier. Les derniers temps, elle avait encore perdu quelques kilos mais forcément, elle n'en était pas incommodée. Cependant, son état ne s'améliorait pas et elle est retournée chez le médecin. Un CT-scan a relevé une anomalie, d'autres examens ont été prescrits. Un oncologue nous a contactés pour nous rencontrer. Là, vous savez que c'est mauvais signe", raconte son mari à Het Laatste Nieuws. 

"On nous a dit qu'il y avait trois formes de cancer de l'estomac et le plus étonnant est qu'elle avait une forme que l'on retrouve principalement chez des septuagénaires masculins. Il a été décidé de commencer un traitement et Melissa a pu rentrer à la maison vendredi. Elle savait encore marcher, mais avec de l'aide. Soudain, elle est devenue glacée alors qu'elle disait avoir extrêmement chaud. Sa tension artérielle n'était plus qu'à 8/6. Durant le week-end, tout s'est précipité. Samedi matin, sa tension a chuté et j'ai appelé l'ambulance. Elle a été opérée sur le champ et placée en coma artificiel. Elle ne s'est plus jamais réveillée. Lundi, on m'a dit que tout espoir était vain et que Melissa ne s'en sortirait pas. Mon monde s'est effondré". 

"Nous regrettons de ne pas lui avoir dit adieu lorsqu'elle était consciente"
Il a fallu beaucoup de courage au père de famille pour appeler le psychologue pédiatrique de l'hôpital afin d'annoncer la nouvelle à Victor, 4 ans, et Juliette, 6 ans. "Ils avaient encore vu leur maman vendredi soir à la maison et savaient bien sûr qu'elle était malade, mais pas qu'elle avait entre-temps été hospitalisée. On a discuté avec le psychologue de la meilleure manière de leur annoncer. Ils ont dit adieu à leur maman mardi à l'hôpital. C'était serein mais je pense qu'ils ont réalisé ce qu'il se passait. Nous regrettons surtout que cet adieu n'ait pas pu avoir lieu quand Melissa était encore consciente, car cette occasion est perdue à jamais. Cela est allé trop vite et j'ai conservé l'espoir jusqu'à la fin. Mais je pense que Melissa savait dès samedi matin que c'était la fin. Elle nous a dit à sa mère et moi 'Ça va aller', mais c'était pour nous épargner. Melissa nous a quittés le soir-même en notre présence à tous". 

Toujours amoureux de son épouse avec qui il était en couple depuis l'adolescence, Jeroen parle d'elle avec admiration. "C'était une épouse et une mère merveilleuse. C'est un drame pour Juliette et Victor avant tout et quand je les regarde, j'ai envie de craquer. Nous avions encore tant de projets tous ensemble cette année, ils n'auront malheureusement jamais lieu. Mais je dois rester fort pour nos enfants et nous avons la chance d'avoir une grande famille qui nous soutient". Les funérailles de l'institutrice auront lieu ce samedi à Bruges. Les élèves ont été pris en charge psychologiquement par l'école.

L'oncologue rassure: "Il n'y a que 30 cas par an en Belgique"

Le cas de cette mère de famille est extrêmement rare, confirme Karen Geboes, oncologue spécialisée dans le cancer de l'estomac et de l'intestin à l'UZ Gand. "Nous avons environ 1.500 cas de cancers de l'estomac chaque année en Belgique, ce qui est déjà très peu. Mais chez les patients jeunes, c'est extrêmement rare". Selon les derniers rapports de la Fondation contre le cancer, seuls 30 cas annuellement recensés concernent des personnes entre 21 et 40 ans. 

Karen Geboes s'explique aussi sur la rapidité du décès: "Les gens parlent trop vite de tumeur agressive, mais ce n'est pas tout à fait exact. Le cancer était probablement là depuis bien plus longtemps mais n'a été découvert qu'à un stade très avancé et des complications spécifiques ont empêché tout traitement. Le cancer de l'estomac ne donne pas de signes cliniques significatifs. Le plus souvent, il s'agit de quelques douleurs à l'estomac qui font davantage penser à de l'acidité ou un ulcère. Parfois, il n'y a tout simplement aucun symptôme. Chez un quart de la population diagnostiquée en Belgique, on ne l'observe que lorsque les patients ont des métastases, justement parce qu'ils n'ont souffert jusque là d'aucun symptôme".

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