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Elio Di Rupo après son entrevue avec le roi Philippe. © Photo News

La sortie de Di Rupo fait bondir la Flandre: “C'est la pire des choses à faire”

Le Roi entamera ce mardi un second jour de consultations sur fond de situation de plus en plus compliquée au Fédéral, le président du PS, Elio Di Rupo, ayant notamment évoqué, lundi sur la RTBF, la possibilité d'un gouvernement sans majorité du côté flamand, ce que rejette fermement la N-VA.

"Je crois qu'à terme, ce sera la solution", a pourtant indiqué Elio Di Rupo dont le parti, en perte de vitesse, reste néanmoins premier au sud du pays. "Mais la question est de savoir si l'Open Vld, le CD&V, Groen et le sp.a auront, à un moment donné, la force et la volonté politique de faire partie d'un gouvernement fédéral sans majorité flamande au parlement", a-t-il ajouté.

Menaces confédéralistes

Bart De Wever, le président de la N-VA, a déjà rejeté fermement, et à plusieurs reprises, cette éventualité, estimant qu'elle constituerait un "problème majeur".

Si l'on en arrive là, "nous mettrons le confédéralisme sur la table", a renchéri Theo Francken, mardi matin, dans l'émission De Ochtend sur la VRT. Il ne restera plus, alors, que le nom Belgique, le drapeau et la maison royale. Tout le reste, à part la Défense, devra revenir aux entités fédérées. "Si, de l'autre côté de la frontière linguistique, ils veulent un projet écolo-communiste, ils doivent y aller mais ce sera pour leur propre compte", a affirmé l'ancien secrétaire d'Etat N-VA.

Yves Leterme: “L’électeur n’a pas toujours raison mais il a toujours le dernier mot”

Par ailleurs, le discours d'Elio Di Rupo, qui fait bondir les nationalistes flamands, ne semble pas plaire davantage au CD&V. "C'est une déclaration vraiment malheureuse - de la part d'Elio Di Rupo, N.D.L.R. Les électeurs flamands ont fait un autre choix que les francophones. Que la Wallonie dise aujourd'hui à la Flandre comment elle doit agir, c'est la pire des choses à faire", a ainsi déclaré Yves Leterme, lui aussi invité dans De Ochtend. “Si vous voulez faire fonctionner la Belgique, vous devez témoigner du respect pour le scrutin flamand”, a -t-il résumé.

L’ancien Premier ministre, qui a bien ressenti les affres de cette fonction à deux reprises (il avait démissionné une première fois après 9 mois en 2008 puis une seconde fois après deux ans en 2011), a ainsi résumé: “L’électeur n’a pas toujours raison, mais il a bel et bien le dernier mot”. L’ex Premier trouve donc que la voix des urnes doit être respectée et qu'il faut lancer la discussion avec le Vlaams Belang. 

Citation

“Que la Wallonie dise aujour­d'hui à la Flandre comment elle doit agir, c'est la pire des choses à faire”

Yves Leterme, Ancien Premier ministre belge

Cependant, même s'il est pour ouvrir le débat au Vlaams Belang, il précise qu’une coalition de l’extrême droite avec le CD&V n’est pas envisageable: “Nos programmes sont aux antipodes, et pas seulement sur la question de l’immigration”.  Il renvoie donc la balle à ses confrères de la N-VA pour un éventuel pacte avec un parti jugé infréquentable.

Mais, pour difficile qu'elle soit, la situation n'est toutefois pas inextricable, a-t-il estimé. "En Belgique, nous avons déjà dû faire preuve de créativité dans les années '70 et '80. Je pense que nous allons à nouveau devoir nous montrer créatifs.” Il s’est également étonné de voir “à quelle vitesse la confiance en la politique s’étiole. L’opinion politique des gens est devenue terriblement interchangeable”. 

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Yves Leterme. © Photo News

Louis Michel: “Le pays n’est pas ingouvernable, on trouvera une solution”

Un avis partagé par Louis Michel (MR). "Il faut arrêter de jouer sur la peur. Le pays n'est pas ingouvernable. On trouvera toujours une solution même si ce ne sera pas facile", a-t-il souligné dans l'émission de la RTBF Matin Première, refusant "de parler de crise avant de voir comment se déroule la mission royale".

Lundi matin, le Roi a reçu le Premier ministre, Charles Michel, ainsi que les présidents de la Chambre et du Sénat. Dans l'après-midi, il a commencé à consulter les présidents de partis, dont Bart De Wever et Elio Di Rupo.

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Louis Michel. © photo_news

Ce mardi, ce sera au tour d'Ecolo et de Groen d'être successivement reçus au Palais.