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La tentative de médiation entre les syndicats et la direction de NLMK Clabecq échoue

La médiation tentée par le conciliateur social vendredi à Nivelles et qui était destinée à rapprocher les points de vue de la direction de NLMK Clabecq et des représentants des travailleurs s'est terminée sur un constat d'échec. L'usine est en grève depuis la semaine dernière et le troisième conseil d'entreprise extraordinaire organisé dans le cadre de la loi Renault n'a pas pu se tenir mardi. Les syndicats exigent le retrait des mesures salariales annoncées, tandis que la direction se dit ouverte aux propositions qui pourraient garantir l'avenir de l'usine, tout en répétant que ce volet salarial est indispensable.

"Nous ne sommes pas figés sur les méthodes et modalités pour obtenir cette réduction de 3,5 millions d'euros mais cette économie sur les coûts salariaux est indispensable pour la réussite du plan industriel dans son ensemble. Au travers de ce plan, les actionnaires acceptent de prendre une part de risques: soutenir les investissements, négocier un plan social et supporter l'usine pendant les années de transformation (...). La direction est convaincue que le plan peut rendre l'entreprise rentable dans un délai raisonnable", indique Jean-Paul De Bartolo, le directeur des ressources humaines de NLMK Europe dans un communiqué publié dès la fin de la réunion de Nivelles.

Les syndicats, de leur côté, ont constaté que la direction de NLMK ne renonçait pas au volet de son plan impliquant des sacrifices salariaux pour les travailleurs qui conserveront leur emploi, alors que la suppression de 290 postes est annoncée dans le même temps. Une réunion d'information pour le personnel est en cours dans l'usine en grève.

La direction va demander une conciliation au niveau national

Au terme de la tentative de conciliation qui s'est tenue vendredi à Nivelles, les syndicats ont constaté que la direction de NLMK Clabecq ne renonçait pas au volet de son plan qui implique 3,5 millions d'euros d'économies sur les coûts salariaux des 50% de travailleurs qui garderont leur emploi. La direction, elle, souligne que les syndicats refusent toujours d'analyser le plan industriel qu'elle a mis sur la table dans le cadre de la loi Renault sur le licenciement collectif. NLMK dit regretter ce blocage et dès lors envisager de faire une demande de commission de conciliation au niveau national.

Dans un communiqué, la direction dit avoir démontré déjà à plusieurs reprises sa volonté de privilégier le dialogue et de faire preuve de transparence. Elle détaille d'ailleurs, dans le même document, les moyens qu'elle envisage pour réduire le déficit actuel de l'usine de Clabecq, chiffré à 50 millions d'euros par an: 14 millions d'euros venant de l'amélioration de l'efficacité opérationnelle et des investissements, 11 millions d'euros venant de l'évolution du carnet de ventes orienté vers les produits à haute valeur ajoutée, 5 millions d'euros venant d'une amélioration attendue des marges sur les produits de niche et 20 millions venant d'une diminution de la structure salariale.

Ce dernier poste implique la suppression de 290 emplois sur le site de Clabecq mais aussi 3,5 millions d'euros d'économie annuelle sur les coûts salariaux après restructuration. Ce sont ces économies dont les syndicats exigent le retrait, avant de discuter du plan industriel et financier.

La direction de NLMK, pour sa part, demande aux représentants du personnel de "prendre leurs responsabilités pour ce projet destiné à sauver les activités du site de Clabecq (...) en analysant le plan dans son ensemble et en mettant sur la table leurs questions et propositions".

Les syndicats veulent d'autres interlocuteurs

Après avoir informé le personnel de l'échec de la médiation tentée vendredi matin à Nivelles avec la direction de NLMK Clabecq, les représentants du personnel évoquent, à l'instar de la direction, une demande de conciliation. Mais ils annoncent aussi que d'autres actions que le blocage du site - en cours depuis la semaine dernière - sont programmées dans les prochains jours, et demandent que d'autres représentants de NLMK soient désignés pour la suite du processus. En colère, les syndicats doutent qu'un vrai plan industriel soit mis en oeuvre et parlent d'un "plan seulement financier".