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“La vague de chaleur? Rien d'exceptionnel”

Mise à jourAlors que le mercure devrait atteindre au moins 30 degrés ce lundi et poursuivre son ascension mardi, la vague de chaleur annoncée cette semaine "n'a rien d'exceptionnel", selon plusieurs climatologues. Elle ne sera d'ailleurs officielle que si les températures dépassent une nouvelle fois 30 degrés pendant la semaine.

Selon les prévisions actuelles de l'Institut royal météorologique (IRM), le thermomètre affichera 31 degrés ce lundi à la station d'Uccle (qui fait référence) et 32 mardi, avant de baisser légèrement les jours suivants, mais se maintenir à plus de 25°C. 

"On battra peut-être un record journalier", commente le climatologue de l'Institut royal météorologique (IRM), David Dehenauw. "Mais l'événement en lui-même n'a rien d'exceptionnel". En Belgique, une vague de chaleur est déclarée officielle lorsque les températures maximales sont supérieures à 25°C pendant minimum cinq jours consécutifs, et dont au moins trois présentent des valeurs dépassant 30°C. 

Vagues de chaleur plus fréquentes

"La période est propice aux vagues de chaleur, qui se produisent de juin à septembre. Il n'y a donc rien d'anormal", confirme Sébastien Doutreloup, chercheur au laboratoire de climatologie de l'ULiège.Ces périodes de fortes chaleurs se font néanmoins plus fréquentes. 

"Au cours des cinq dernières années, on en a eu au moins une par an", poursuit le chercheur, alors qu'avant les années 90 elles se limitaient à une tous les trois ou quatre ans.

Un lien avec le réchauffement climatique est toutefois prématuré. "Il s'agit à ce stade d'une hypothèse. L'étude de l'évolution du climat se fait sur une période d'au moins 30 ans pour avoir des statistiques significatives", précise Sébastien Doutreloup.

Pour David Dehenauw, “si on ne peut pas dire que cette vague de chaleur est liée au réchauffement climatique, il y a un signal de fond”.

Pas une mauvaise nouvelle pour les agriculteurs

 Les températures plutôt chaudes annoncées pour cette semaine, avec sans doute deux ou trois jours au-delà des 30 degrés, ne sont en tant que telles pas une mauvaise nouvelle pour les agriculteurs du pays. 

C’est en effet la durée de phénomènes climatiques extrêmes qui peut poser problème, tandis qu’un bel ensoleillement et des températures élevées semblent assez normales pour ce début d’été, indique lundi Anne Pétré de la FWA (Fédération wallonne de l’Agriculture).

Tandis que les moissons de juillet et août approchent, du beau temps est en réalité une bonne chose, indique-t-elle. “C’est vraiment quand un épisode climatique extrême, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas ici, se prolonge que cela devient problématique”, ajoute Anne Pétré. “La durée est déterminante. Trois mois sans une goutte d’eau, c’est une catastrophe. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter pour des jours à 30 degrés”