La Wallonie loupe le "contrat du siècle": la faute aux syndicats, estime Jeholet

VideoLe géant allemand du commerce en ligne Zalando a finalement choisi les Pays-Bas, et non le site de Dour en Wallonie, pour établir son nouveau centre de distribution qui doit notamment couvrir la France, rapportait mardi L'Echo. Dans une réaction livrée à l'agence Belga, le cabinet du ministre wallon de l'Economie et de l'Emploi, Pierre-Yves Jeholet, déplore le climat social en Wallonie qui "génère de l'inquiétude", selon lui. Un commentaire qui a fait réagir les syndicats.

Depuis deux ans, la commune de Dour était candidate pour accueillir cet imposant projet, qui aurait créé 1.500 emplois directs dans la région.

Selon des proches du dossier interrogés par L'Echo, trois éléments ont été défavorables à la candidature wallonne: le coût du travail, la législation relative au travail de nuit et le climat social en Wallonie.

L'annonce de la perte du "contrat du siècle" a suscité plusieurs réactions. Dans le monde politique, le ministre Jeholet a estimé que le gouvernement fédéral avait fait sa part de travail quant à l'allègement du coût du travail et à la réglementation du travail de nuit. Il a dès lors déploré le climat social difficile dans la région, et appelé les syndicats à faire preuve d'un sens des responsabilités plus aigu.

La FGTB réagit
Une attaque qui a fait bondir Thierry Bodson, secrétaire général de l'interrégionale wallonne la FGTB. "Il est le seul à politiser ce dossier", dénonce M. Bodson. "Même l'Union wallonne des entreprises et les autres patrons ne parlent pas du climat social comme un élément déstructurant dans la région."

Delphine Latawiec, secrétaire nationale de la CNE pour le secteur du commerce, estime quant à elle que cet argument est léger. "Le climat social en Wallonie ne me semble pas plus problématique actuellement qu'en Allemagne."

Confidentialité
Les deux responsables syndicaux font par ailleurs remarquer que le nombre de jours de grève est en baisse depuis plusieurs années en Région wallonne.

Contactée par l'agence Belga, IDEA, l'intercommunale qui menait les négociations avec les investisseurs potentiels aux côtés de l'Agence wallonne à l'Exportation et aux Investissements étrangers (Awex), précise que le dossier fait l'objet d'un accord de confidentialité strict qui demeurera encore en vigueur trois ans.

Une décision "irrespectueuse" et "incohérente"

Le bourgmestre ff de Dour, Vincent Loiseau, qualifie mardi la décision de Zalando de ne pas s'installer à Dour d'"irrespectueuse" et "incohérente". Le géant allemand de l'e-commerce a finalement opté pour les Pays-Bas.

"C'est triste d'en arriver là", réagit Vincent Loiseau. "Je trouve irrespectueux de la part de cet investisseur d'avancer seulement maintenant l'argument du coût du travail alors que l'intercommunale IDEA, la commune et le développeur à qui l'investisseur avait confié le dossier ont communiqué très vite les conditions de notre marché du travail. L'argument du prix de ce marché aurait pu être sorti il y a près de deux ans."

Le choix est aussi incohérent aux yeux du bourgmestre de Dour. "Cette société avance des arguments de développement durable alors qu'elle va installer aux Pays-Bas son nouveau centre logistique qui a pour objectif d'approvisionner plus vite les marchés belge et français. Je ne comprends donc pas son choix qui implique des transports plus longs."

Des démarches avaient été lancées à Dour, où le zoning devait accueillir la nouvelle plateforme. "Un parking de 1.800 places était envisagé, ce qui impliquait de nouvelles voiries. Des démarches avaient ainsi lancées au niveau administratif et budgétaire", a encore indiqué Vincent Loiseau, qui veut néanmoins rester positif. "Les délais imposés par l'investisseur avaient été très courts et je veux souligner que tous les intervenants, notamment la Région, la commune et l'intercommunale, ont fait face. Ce dossier ne veut donc pas dire que nous sommes devant une fatalité. Il a au moins montré que nos forces vives savent se mobiliser très vite dans ce genre de contexte."

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