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Jean-Luc Crucke, ministre wallon de l'Énergie. © belga

La Wallonie revoit son système de primes "énergie" et "rénovation"

Le gouvernement wallon a décidé de revoir le système régional des primes "énergie" et "rénovation" afin d'encourager les citoyens à procéder à des travaux qui réduiront la consommation énergétique de leur logement, ce qui permettra d'atteindre les objectifs européens en la matière - une amélioration de l'efficacité énergétique d'au moins 27% d'ici 2030 -, ont annoncé jeudi les ministres régionaux en charge du Logement et de l'Energie, Valérie De Bue et Jean-Luc Crucke.

Le secteur des bâtiments résidentiels et tertiaires est responsable, en Wallonie, de plus de 20% des émissions de gaz à effet de serre. Forte de ce constat, la majorité régionale a décidé de simplifier le système de primes, après en avoir déjà augmenté le montant.

Concrètement, la nouvelle procédure prévoit la réalisation d'un audit par un auditeur qui listera les travaux et établira leur priorité. Une demande unique sera ensuite introduite à l'administration wallonne avant que ne soit versée, par la Région, la prime "audit". D'un montant maximum de 660 euros en fonction des revenus, cette prime devrait rembourser une partie du coût de l'auditeur, ce dernier étant chargé de calculer l'économie d'énergie, de conseiller et d'accompagner le demandeur tout au long du processus.

Selon les ministres régionaux, "quelque 500 auditeurs - qui remplaceront les estimateurs publics du système actuel - seront accrédités, "afin de ne pas revivre l'engorgement" que l'on connaît aujourd'hui. Dans le Hainaut (Charleroi), il faut ainsi attendre 12 semaines pour le passage d'un estimateur public, ce délai atteignant 11 semaines dans la province de Liège et 10 semaines dans le Brabant wallon.

Autre nouveauté: les primes seront désormais accessibles à l'ensemble de la population, le plafond de 97.700 euros de revenus ayant été supprimé. "Autrefois exclus du dispositif, les ménages de la classe moyenne pourront solliciter des primes avec des montants adaptés à leur catégorie de revenus", un coefficient multiplicateur ayant été défini (d'un coefficient 6 pour les revenus inférieurs à 23.000 euros à un coefficient 1 pour ceux dépassant les 97.700 euros), a expliqué Jean-Luc Crucke.

Le dispositif devrait entrer en application au printemps prochain
Ainsi, si la prime pour le remplacement d'une toiture - qui représente 34% des demandes - s'élève à 6 euros/m2 (montant de base), elle pourra être multipliée par 6 pour les plus bas revenus.

Enfin, les propriétaires bailleurs pourront également recourir au dispositif "à condition de respecter la grille indicative des loyers qui est en phase finale de vérification", a ajouté Valérie De Bue.

Approuvé en seconde lecture par le gouvernement wallon, l'arrêté relatif à ces modifications est désormais entre les mains du conseil d'Etat avant de revenir en 3e lecture au gouvernement. Il devrait entrer en application au printemps prochain.