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Le char controversé du Vismooil'n. © Rutger Lievens

Le carnaval d'Alost sorti de la liste de l'Unesco à cause de son char antisémite?

UpdateL'organisation des Nations Unies a annoncé que le carnaval d'Alost pourrait disparaître de la liste, à cause du char jugé "raciste et antisémite".

Comme nous vous le disions ici, des dérives antisémites ont été dénoncées lors de la dernière édition du Carnaval d'Alost. Les géants présents sur le char de l'association carnavalesque Vismooil'n représentaient des Juifs au nez crochu, aux côtés desquels étaient placés des coffres remplis d'argent. 

La décision prévue pour décembre
Devant la polémique née de ce carnaval, l'organisation des Nations Unies a annoncé que le comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel allait débattre du maintien du carnaval sur la liste du patrimoine immatériel. Une décision sera prise lors de la prochaine réunion, qui se tiendra en Colombie du 9 au 14 décembre.

Des caricatures contraires aux valeurs de l'Unesco
Au début du mois, l'Unesco a déjà condamné le carnaval. L'organisation a ensuite invité le gouvernement belge à répondre. "L'esprit satirique du carnaval d'Alost et la liberté d'expression ne peuvent servir de couverture à des manifestations de haine", a déclaré Ernesto Ottone, sous-directeur général pour la culture à l'Unesco. "Ces caricatures indécentes vont à l'encontre des valeurs de respect et de dignité incarnées par l'Unesco et violent les principes qui sous-tendent le patrimoine immatériel de l'Humanité."

Le caranaval d'Alost est reconnu comme appartenant au patrimoine culturel immatériel depuis 2010.

Le bourgmestre pense que l'Unesco évalue mal la situation
Le bourgmestre d'Alost, Christoph D'Haese (N-VA), déplore que le carnaval de sa ville puisse être retiré de la liste du patrimoine immatériel de l'Unesco à la suite de la polémique antisémite suscitée par un des chars.

Christoph D'Haese pense que l'Unesco commet une erreur de jugement. Il répète que la société concernée n'avait pas d'intentions antisémites. Il souligne qu'"au sein du contexte particulier du carnaval, beaucoup de choses sont possibles car il n'y a pas de censure". "Nous n'allons pas autoriser que les musulmans, les catholiques ou les juifs décident de ce dont nous pouvons rire", ajoute-t-il. Il espère avoir une chance de pouvoir exprimer sa position auprès de l'Unesco.

L'affaire ne semble de toute façon pas encore bouclée en Belgique. La communauté juive a exigé des excuses après le cortège et des organisations juives influentes menacent de se retirer du secteur diamantaire anversois. 

Une concertation entre les différentes parties, dont la société de carnaval, est prévue.