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Le coronavirus inquiète les voyageurs de l’aéroport de Charleroi: “Aucun contrôle”

L’aéroport de Charleroi est passé dans la phase 2 de son dispositif destiné à éviter une épidémie sanitaire. Il s’agit d'une phase d’information et de sensibilisation à l’attention de son personnel. Il a pris cette décision après que le coronavirus se soit répandu très rapidement en Italie. En effet, plusieurs de ses vols ont pour destination Milan, Rome, Turin et Venise. Toutes ces villes sont touchées par le COVID-19 (l’acronyme anglais du coronavirus 2019).

Keith Book, supporter de l’équipe nationale écossaise de rugby, s’inquiète de l’absence de contrôles dans les aéroports de Charleroi et d'Édimbourg: “Donc, des milliers d'Écossais reviennent d’un week-end à Rome après le Tournoi des Six Nations de rugby. Certains le font via d’autres pays à cause des prix exorbitants des vols directs.  Jusqu’ici, aucun contrôle pour le coronavirus à l’aéroport d'Édimbourg sur les vols entrants. Aucun contrôle à Charleroi d’ailleurs. Ce n’est pas étonnant que cela se répande.”

Grâce Trupia s’est, elle, rendue à Venise du 16 au 19 février pour la Saint-Valentin: “En Italie, on a contrôlé notre température. Mais à notre retour en Belgique, rien.” Elle était partie de l’aéroport de Charleroi.

Les contrôles effectués dans la Botte ne l’ont pas dérangée: “Non, on en a rigolé. Je trouve ça normal. Par contre, ce n’est pas normal que ça n’ait pas été fait en Belgique pour partir ni même pour notre retour. Si on le fait dans un sens, ça doit se faire dans les deux sens.”

Pour elle, les voyageurs sont laissés à l’abandon au Brussels South Charleroi Airport (BSCA): “J’ai trouvé ça bizarre qu’il n’y ait pas de contrôle à mon retour. Au début, cela ne m’a pas inquiétée. Mais s’ils veulent éviter la propagation, des informations ne seraient pas malvenues. Il n’y a pas de raison de faire peur aux gens. Mais les prévenir et faire des tests, ce ne serait pas du luxe.”

Angoisse

D’autant plus que depuis son retour en Belgique, le nombre de personnes contaminées en Italie n’a de cesse de croître: “Je ne m’étais pas alarmée jusqu’à ce que toutes les personnes crédules m’envoient des messages pour me faire paniquer. Et vu que je suis quelqu’un qui angoisse facilement... Mais je suis positive. Je sais que ce n’est pas un virus pire que la grippe. La plupart des personnes qui en sont mortes étaient déjà atteintes de pathologies, âgées, de très gros fumeurs ou vivaient sur un terrain pollué.”

Ce qui ne l’empêche pas de prendre ses précautions: “Je suis certaines recommandations comme me laver mes mains, utiliser du désinfectant et prendre ma température pendant quatorze jours.”

SPF Santé publique

Le Service Publique Fédéral (SPF) Santé publique assure cependant avoir la situation en main et appelle au calme: “Si un passager tombe malade pendant le vol, l’équipage va évaluer la situation et la signaler immédiatement au sol. Si un voyageur récemment revenu d’une zone touchée tombe malade dans les quatorze jours de son retour, il faudra qu’il le fasse savoir à son médecin et qu’il s’isole”. 

Les autorités prévoient de se concerter dans l’après-midi afin de communiquer au public sur cette absence de contrôle. “Nous comprenons l’inquiétude mais il faut rester calme” assure le ministère.

Plusieurs villages du nord de l’Italie ont été mis en quarantaine après une propagation rapide du coronavirus dans la région. Au moins,220 cas ont été confirmés et sept morts sont à déplorer sur le territoire national.

Virologue

De son côté, le virologue Marc Van Ranst affirme qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter outre-mesure si les touristes n’ont pas visité ou logé dans les communes italiennes à présent en quarantaine. De plus, étant donné les moyens de transport disponibles entre les deux pays (avion, train, autobus, voiture), il est tout bonnement impossible de contrôler tous les touristes ayant séjourné dans la région en question. Si des personnes sont restées dans l’une des zones incriminées, le chef de laboratoire compte sur leur civisme pour se faire connaître et prévenir ainsi tout dérapage.

Désormais, cela implique également les touristes qui ont séjourné en Toscane et en Sicile. Les premiers cas de coronavirus viennent d’y être détectés.