Le coronavirus ou la difficile crise du secteur culturel: “Les politiques vont devoir nous rendre des comptes !”

Le secteur culturel connaît ce que l’on pourrait appeler “une (très) mauvaise passe”. Concerts, soirées, expositions, événements, tous sont annulés à cause du coronavirus. Les festivals risquent bien d’être les prochains douloureusement impactés. Pour Fabrizio Borrini, il est temps de repenser notre manière de vivre et de repenser à la façon d’aider les artistes.

Fabrizio Borrini est un artiste liégeois et est aussi directeur artistique du Palais des Imaginaires à la Foire du Livre.
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Fabrizio Borrini est un artiste liégeois et est aussi directeur artistique du Palais des Imaginaires à la Foire du Livre. © D.R.

Le secteur culturel se sent un peu oublié par le gouvernement et certaines voix s’élèvent pour dénoncer la gestion de celui-ci en la matière. Récemment, Bouli Lanners poussait une “gueulante” à l’intention de nos politiques. Des propos que rejoint Fabrizio Borrini, artiste pluriel et directeur artistique du Palais des Imaginaires à la Foire du Livre, qui ne comprend pas que la Belgique ne fasse rien pour ses artistes.

“L’Allemagne a débloqué 50 milliards d’euros pour le secteur de la culture. Des artistes qui n’étaient même pas au courant ont été agréablement surpris de recevoir de l’argent sur leur compte en banque. Et nos politiques, eux, se croisent les bras !”, fustige Fabrizio.

Sans culture, pas de démocratie

Si les indépendants et les personnes sous le régime smart accusent le coup, lui, en tant que société, fait également face à des difficultés. “Je suis artiste visuel pour les prochaines Francofolies de Spa. Je ne me leurre pas, le festival va être annulé. Mais comme, actuellement, rien n’est décidé, les organisateurs doivent continuer de travailler comme si de rien n’était...”, regrette l’artiste liégeois.

Si cela peut paraître impudique de se plaindre de la situation alors que d’autres populations souffrent tout autant, voire plus, du coronavirus, Fabrizio estime que priver la population de culture, c’est une atteinte grave à la démocratie, “le premier pas vers le totalitarisme”. Il rêve, par ailleurs, que le monde sortira changé de cette crise. “C’est utopique, certes, mais j’ai envie de croire à une ré-évolution comme en a parlé Alexandro Jodorowski, de croire à un monde où le citoyen prendra la tête du pays”, s’exclame-t-il.

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Les politiques vont devoir rendre des comptes !

Fabrizio Borrini

Montrer plus d’artistes belges dans les médias

Souvent, les artistes sont mis à contribution pour soutenir les organisations et les secteurs en crise. Mais en ce moment, plus que jamais, les artistes aussi ont besoin du soutien des citoyens. “Au JT, je pense qu’il est plus intéressant de diffuser les images de nos artistes belges, qui ont quelque chose de pertinent à montrer, plutôt que de filmer les gens applaudir les infirmiers.”

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On oublie vite qu’il y a quelques mois, nous ne faisions presque rien lorsque ceux-ci se faisaient tabasser dans la rue alors qu’ils manifestai­ent pour leurs droits.

Fabrizio Borrini

Pour lui, les gens ont besoin qu’on leur donne de bonnes nouvelles, ou du moins des nouvelles différentes. Il ne suffit pas d’énumérer des statistiques, de faire des bilans et d’exposer des études scientifiques.

Il faut repenser la situation

Le Liégeois invite le peuple belge à prendre la rue, à la fin du confinement. Mais pas n’importe comment, de manière ludique et intelligente. S’il estime que le travail des syndicats est important, les manifestations ne doivent pas servir qu’à ce genre de causes.

“Il ne faudra quand même pas aller trop vite, faire ça de manière mesurée. C’est comme les gens qui rêvent de retrouver leur petit confort. Qu’ils réfléchissent bien à ce qui est vraiment nécessaire pour eux, qu’ils pensent à la Terre. Elle nous envoie un message et il faut l’écouter. L’Homme doit repenser la situation, et sa vie, pour s’autogérer”, conclut Fabrizio Borrini.

Un “stage” d’arts plastique en confinement

Le week-end du 4 et du 5 avril, Fabrizio Borrini avait organisé un week-end de “stage” entièrement gratuit pour découvrir, apprendre ou se performer dans la peinture et les “autres joyeuseries plastiques”.

Un stage qui, confinement oblige, s’est déroulé de manière virtuelle grâce à Internet.

Un moment ludique et de partage qui a rassemblé près de 100 personnes. “Merci pour ce voyage et de nous avoir permis de nous évader en créant nous-mêmes”, ont déclaré les participants.

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