Le cri du cœur d’Audrey et Miko face à la mainmise des multinationales

Les commerces locaux, que ce soit dans le secteur de l’horeca ou non, fleurissent dans le centre-ville de Liège. Un phénomène positif, à l’heure où les consciences poussent à consommer local et plus durable. Mais tout n’est pas rose pour les petits indépendants comme Audrey et Miko, qui tiennent le snack Raisu et dont la situation financière est compliquée. Elles poussent un cri du cœur contre les multinationales et lancent un appel à l’aide.

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Audrey et Miko craigent de devoir prendre une décision difficile. © Sarah Moran Garcia

Les deux amies ont lancé, en mai dernier, leur restaurant spécialisé dans les onigiris (boulettes de riz japonaises) et les bibimbaps (bol de riz garni provenant de Corée), afin de partager leur passion de la cuisine asiatique. “Au début, tout se passait bien. Pendant les vacances, ça a été très compliqué, surtout en juillet. On s’est rendu compte que les Liégeois étaient des Juillestistes. Et maintenant que cette période est passée, les affaires ne reprennent pas aussi bien qu’au lancement”, s’attriste Audrey. Une situation qu’elle et Miko imputent en partie aux nombreux travaux dans le centre-ville. Il faut dire qu’avec les préparatifs pour l’installation du futur tram, plusieurs rues sont à sens unique, voire même déviées. “On a pourtant la chance d’être installé juste à côté du parking de la Cité administrative, mais rien n’y fait”, regrettent-elles.

Une situation difficile pour les deux amies, qui semblent être la même dans certains autres commerces liégeois. En octobre dernier, le restaurant de pita Touch and Go, situé dans la rue des Carmes depuis 35 ans, faisait aveu de faillite. “Comme on est nouvelle, on parle beaucoup avec les autres commerçants. Beaucoup nous disent qu’eux aussi ont du mal, entre le loyer, les charges, les travaux, etc. Et ça ne touche pas que le secteur de l’horeca”, explique Miko. 

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Onigiris japonais. © Raphael Gilles
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Bibimbap coréen. © Raphael Gilles

Désertion du centre-ville

Les grandes enseignes quittent peu à peu le centre-ville de Liège, préférant les centre-commerciaux. La preuve récemment avec H&M qui a définitivement quitté la ville pour ne plus garder que ses magasins de la Médiacité et de Belle-Île. Ou encore Decathlon qui abandonne la rue Feronstrée pour un nouveau magasin dans le centre-commercial du quai des Vennes, et un city-store dans l’Îlot Saint-Michel. À ce propos, les deux restauratrices sont assez partagées. Pour elles, cela favorise indéniablement l’installation et la diversification des petits commerces. Mais d’un autre côté, ça rend le centre moins attractif. “Je me souviens, il y a quelques années, je passais certaines journées à faire du shopping en ville. Du coup, j’allais manger un bout et boire un verre. Mais maintenant, comme tous les plus gros magasins sont en périphérie, les gens ne viennent plus trop dans le centre”, regrette Audrey.

Les deux amies en appel à présent au bon sens des consommateurs, des Liégeois et des visiteurs. Dans un post sur Facebook, elles leur demandent de bien réfléchir lorsqu’ils choisissent d’entrer dans un magasin ou dans un restaurant. Est-ce une multinationale qui brasse des milliards ou un petit indépendant qui travaille dur pour gagner sa vie ? “J’ai moi-même un enfant que je dois éduquer”, indique Miko. “L’avenir de Raisu, c’est aussi son avenir à lui, celui de ma famille.”

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