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"Si vous vous demandiez encore pourquoi nous refusons de travailler avec vous, vous venez d'en donner la raison", a lancé Bart Somers(à droite sur la photo) à Filip Dewinter (à gauche sur la photo) © belga

Le débat sur l’incendie du centre d’asile de Bilzen part en vrille: “Le Vlaams Belang se croit au Reichstag”

Bart Somers (Open VLD) et Filip Dewinter (Vlaams Belang) se sont écharpés ce mercredi au parlement flamand sur le débat quant au futur centre d’asile à Bilzen, au lendemain de l’incendie criminel dont il a été l’objet. “Prenons nos distances avec ce petit club-là, qui me fait penser à une certaine fraction à l’assemblée du Reichstag”, a lancé Bart Somers, ministre flamand du Bien-Être, et la figure d’extrême droite. 

Un échange très houleux s’est produit cet après-midi entre Filip Dewinter et le ministre libéral flamand Bart Somers (voir la vidéo en néerlandais ici). Alors que les députés évoquaient avec effroi le futur centre d’asile brûlé à Bilzen, Filip Dewinter n’a pas dissimulé sa désinvolture. Bart Somers l’a recadré avec une allusion au Reichstag, qui a précédé le Bundestag, actuelle assemblée parlementaire allemande depuis 1949. 

“Nous représentons 18% de la population”

“Nous représentons 18% de la population”, a immédiatement rétorqué Filip Dewinter. “Et cette coalition de perdants vient désormais dire à une grande partie du peuple: ‘Vous êtes des nazis’. Mon père a été déporté durant la guerre et contraint au travail forcé à l’usine Messerschmitt en Allemagne, voilà la réalité”, s’est encore défendu celui qui était à la tête du Vlaams Blok. 

Plusieurs partis ont considéré, au parlement flamand ce mercredi, que l’incendie du centre d’asile est un acte terroriste. “Cela fait précisément quatre ans aujourd'hui qu'ont eu lieu les attentats de Paris”, a réagi Tom Ongena, de l’Open VLD. “Cela aussi, c’était un exemple de violence radicale et nous l’avons condamné d’une seule voix”, a-t-il rappelé. 

“L’incendie en arrange bien certains, comme Bart Somers”

Même la N-VA est allée dans ce sens, ménageant sa base électorale, arguant que même un profond mécontentement populaire ne pouvait donner lieu à de la violence envers les personnes: “Il est évident que pour nous, ce genre d’actes n’a pas sa place dans la Flandre telle que nous l’imaginons”, a résumé Wilfried Vandaele au nom de son parti. 

“Je rejoins la condamnation de l’incendie, mais je ne vais pas hurler avec les loups”, a commenté Filip Dewinter, refusant par ces termes de s'accommoder de l’humeur générale de l’assemblée parce que c’est de bon ton. “Et on ne m’enlèvera pas de la tête que cet incendie en arrange certains. Notamment le ministre Somers, qui a une nouvelle fois abusé de l’excuse de cet incendie pour museler un mouvement de protestation démocratique et pacifiste contre ce centre d’asile”, a accusé le membre du Belang.

“Notre vivre ensemble est menacé par les politiciens de votre espèce”

Alors que Filip Dewinter reprochait au bourgmestre de Malines de “stigmatiser une manifestation légitime et de mettre tout le monde dans le même panier”, le CD&V est venu à la rescousse du libéral en rappelant que le VB était le seul parti à être intervenu contre ce centre. 

“Notre modèle de vivre ensemble est menacé par des gens de votre espèce, qui ne font rien d’autre de leur carrière politique que semer la haine, attiser la peur et monter les gens les uns contre les autres”, a lancé Bart Somers hors de ses gonds à Filip Dewinter. “Si vous vous demandiez encore pourquoi nous refusions de collaborer avec votre parti, vous venez de donner la réponse”, a-t-il conclu. 

“C’est du terrorisme politique”

Alors qu'il était interrogé après cette prise de bec à l’assemblée, Bart Somers a enfoncé le clou contre les auteurs de l’incendie: “Poser des actes pour faire peur avec un message politique, c’est la définition du terrorisme politique. Je trouve ces images très choquantes et cela inquiète beaucoup de monde. Je suis préoccupé moi aussi. Quelle est l’étape d’après? Vont-ils mettre le feu à un centre d’asile avec des gens à l’intérieur? Vont-ils encore une fois applaudir? Verra-t-on encore sur les réseaux sociaux ces choses que l’on peut parfois lire”, s’est inquiété le ministre flamand qui a néanmoins salué l’immense élan de solidarité qui a suivi l’acte criminel.

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