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Le "diacre de la mort", pire tueur en série belge?

UpdateLe procès d'Ivo Poppe (61 ans) s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Flandre occidentale avec la lecture de l'acte d'accusation par le procureur-général Serge Malefason. Le diacre de Wevelgem est poursuivi pour au moins 10 assassinats, dont celui de sa mère. L'ancien infirmier a euthanasié la plupart des victimes en leur injectant de l'air dans les veines.

L'affaire a été mise au jour fin 2013, lorsqu'Ivo Poppe a confié à son psychiatre avoir activement euthanasié plusieurs dizaines de personnes. Alors qu'il travaillait comme infirmier puis comme collaborateur pastoral au sein de l'hôpital du Sacré-Coeur de Menin (devenu aujourd'hui AZ Delta), il aurait accéléré la mort de plusieurs patients en phase terminale en leur injectant de l'insuline ou de l'air dans les veines. Il est incarcéré depuis le mois de mai 2014.

Sa première victime était son grand-oncle de 79 ans, Maurice Vanhaverbeke. Ivo Poppe a admis l'avoir étouffé avec un oreiller en septembre 1978. Il aurait également enlevé la vie à trois autres membres de sa famille: son deuxième grand-oncle Leo Vanhaverbeke (81 ans) en mai 1986, son beau-père Gerard Vercamer (80 ans) en 2004 et sa mère Ivonna Vanhaverbeke (90 ans) le 27 janvier 2011. Les victimes étaient en phase terminale, selon l'accusé. Il dit avoir agi "par impuissance et compassion".

Il encourt la prison à perpétuité
En janvier 2017, Ivo Poppe a été renvoyé devant la cour d'assises pour au moins 10 assassinats, mais le nombre de faits dont il s'est rendu coupable reste incertain. Au début de l'enquête, plusieurs listes contenant des dizaines de victimes potentielles ont été dressées avec la collaboration du diacre. Il aurait d'ailleurs euthanasié jusqu'à trois patients par week-end en 1993.

Lors d'une de ses 67 auditions par les enquêteurs, Ivo Poppe a avoué avoir tué Marguérite Blondeel (84 ans) et Irma Parmentier (74 ans), avant de revenir sur ces aveux.

Le diacre a indiqué aux psychiatres avoir agi par "idéalisme excessif", mais aussi que le pouvoir de décider de la mort ou de la vie avait joué un rôle. L'homme ne se voit pas comme un tueur en série et considère que sa place n'est pas en prison.

Pas moins de 77 témoins seront entendus lors du procès. L'accusé risque la prison à perpétuité.