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Alexandre Hart © belga

Le meurtrier présumé de Valentin Vermeesch: "Il fallait soit le tuer, soit l'abandonner"

Update"On s'est dit qu'on avait vraiment été trop loin et que soit il fallait le tuer, soit l'abandonner", a expliqué mardi Alexandre Hart, l'un des cinq accusés au procès de l'assassinat de Valentin Vermeesch. Ce Hutois de 18 ans avait été torturé par ses bourreaux puis jeté vivant dans la Meuse, les mains attachées dans le dos. Après avoir questionné les accusés sur leur parcours de vie, la présidente est entrée, devant une salle comble, dans le vif du sujet. Une épreuve insoutenable pour les proches de la victime, dont la mère a momentanément dû sortir.

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Les suspects se définissent comme "oisifs" © belga

Plutôt réservé et peu bavard au début de son interrogatoire, Alexandre Hart a finalement coopéré et assumé plusieurs actes posés sur Valentin.

"J'ai trouvé ça marrant"
"Au début, les 20 premières minutes, c'était bon enfant", a-t-il déclaré. L'accusé a ensuite évoqué des scènes de masturbation imposées à la victime qui a aussi été contrainte, de s'introduire une bouteille dans l'anus puis de boire au goulot, fumer un joint pur, .. "Sur le moment-même, j'ai trouvé ça marrant."

La victime a perdu connaissance plusieurs fois
Selon Alexandre Hart, Valentin a perdu connaissance plusieurs fois au cours de la soirée, tandis que ses bourreaux le brûlaient au briquet "pour le ramener à son état de conscience". "J'ai commencé par brûler ses poils de jambe. Puis M. Masson a brûlé ses parties et la plupart de son visage."

"Tout le monde a participé"
Alexandre Hart reconnaît aussi avoir écrasé les parties génitales de la victime, lui avoir porté des coups de poing, de genou et de pied dans une barrière à laquelle Valentin était attaché. "Je crois que j'ai pété un plomb, je voulais savoir pourquoi il m'avait balancé" dans le cadre d'une autre affaire. "Mais ça n'explique pas pourquoi on a été si loin non plus", concède-t-il. "Je ne saurais pas vous dire qui a fait quoi, dans quel ordre chronologique cela s'est passé." Mais l'accusé est formel: tout le monde a participé à cette "barbarie", comme l'avait décrit Dorian Daniels et personne n'est intervenu pour interrompre les faits ou le laisser partir.

"On avait été trop loin"
Après une première sortie, le groupe était rentré au studio, où les sévices avaient continué. Puis, "on s'est dit qu'on avait vraiment été trop loin. Soit il fallait le tuer, soit l'abandonner", a expliqué l'accusé. "On s'est demandé où: à la barrière? Sur le pont Père Pire? Dans un bois? On n'a pas trouvé de solution concrète qui allait à tout le monde", a-t-il poursuivi. "On devait finir à l'extérieur pour qu'il oublie l'appartement où il était." La bande est sortie. De coups de pied dans les jambes et dans les côtes ont encore été infligés à Valentin "pour éviter qu'il ne respire". "On lui a aussi écrasé la figure au sol car il avait sali le training de Killian." D'après Alexandre, Valentin a tenté de s'échapper mais il a été rattrapé.

"Faire disparaître les preuves"
"On s'est demandé si ce n'était pas mieux de le tuer. Belinda était d'accord, Killian Wilmet voulait qu'on l'attache et Loïck voulait qu'on le laisse partir. Je me suis dit que je devais faire disparaître toutes les preuves." C'est alors qu'Alexandre et Belinda se sont approchés de la Meuse en soutenant Valentin. "Arrivé au bord de l'eau, j'ai tenté de le pousser, déterminé à ne pas faire de la prison. Il opposait énormément de résistance et puis un moment, ça a été tout seul. Je ne sais pas s'il s'est dit tant pis ou si c'est Belinda qui m'a aidé. J'ai levé les yeux, je ne voulais pas voir."

Le studio repeint après les faits
L'accusé a enfin été interrogé sur des messages envoyés à Valentin le lendemain de sa mort et sur le fait que le studio avait été repeint après les faits. Alexandre Hart a aussi cassé à la masse le clic-clac sur lequel Valentin avait été violenté. Il avait précédemment jeté dans la Meuse le drap tâché du sang de la victime. "C'était très difficile de continuer à vivre dans cet appartement." 

L'audience a été levée jusqu'à mercredi.