Le mystère de la “vieille” locomotive de Buizingen

Mise à jourPour quelle raison l'automotrice la moins bien équipée en matière de sécurité était en tête du train L lors de la catastrophe ferroviaire de Buizingen, alors qu'une automotrice plus moderne se trouvait en milieu du convoi? La question a été directement posée lundi après-midi par le président du tribunal de police de Bruxelles à l'avocat de la SNCB. 

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Buizingen © Photo News

Le 15 février 2010, un train L Louvain-Braine-le-Comte a percuté un train IC Quiévrain-Liège-Guillemins à hauteur de Buizingen (Brabant flamand). L'accident a fait 19 morts, une trentaine de blessés graves et une centaine de blessés légers.

Locomotive désuète

La procureure comme certains avocats de la partie civile ont insisté, lundi, sur la constatation que le premier train était tiré par une locomotive désuète, alors qu'une autre locomotive plus récente se trouvait au milieu du convoi. Le président du tribunal a interrompu les plaidoiries de la partie civile, lundi après-midi, pour poser deux nouvelles questions aux prévenus. 

Réaction du conducteur

“Étiez-vous au courant que vous conduisiez une automotrice que je vais qualifier de vieille casserole, alors qu'une autre, mieux équipée, se trouvait aussi sur le convoi?”, s'est adressé le juge au conducteur du train L, qui est prévenu dans le procès de la catastrophe ferroviaire de Buizingen. "Non, je ne le savais pas quand j'ai pris possession du convoi", a répondu ce dernier.

Réaction de la SNCB

Le juge s'est alors tourné vers le conseil de la SNCB. "Pourquoi ne pas avoir placé l'automotrice la mieux équipée en tête de train?", l'a-t-il questionné. L'avocat a indiqué qu'il ne pouvait pas directement répondre à cette question, précisant qu'il interrogera sa cliente. Il a néanmoins précisé que la locomotive plus moderne "n'avait qu'un système 'Memor' [rappel du feu de signalisation] mais pas la fonction de freinage automatique" qui aurait pu arrêter le train avant l'impact.

Trois automotrices sur le convoi

Le jour des faits, trois automotrices se trouvaient dans le convoi du train L. Celle de tête, mise en service en 1963, n'était pas équipée de tous les systèmes de sécurité modernes. Celle du milieu était par contre mieux équipée en la matière. Quant à la dernière, elle était similaire à celle de tête. 

“Interpellant et inquiétant”

Pour le ministère public comme pour certaines parties civiles, la SNCB a manqué au plus élémentaire devoir de précaution et de prévoyance en plaçant en tête de ce train l'une des deux automotrices qui étaient dépourvues de tout système de sécurité moderne. "C'est interpellant et inquiétant!", s'est notamment exprimée la procureure.