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Charles Michel et Didier Reynders peuvent se réjouir: le MR est bien parti pour rester au pouvoir en Wallonie et être de retour aux manettes à Bruxelles pour la première fois depuis 2004. © Photo News

Le pari risqué du cdH profite avant tout au MR

AnalyseMaxime Prévot a décidé d’envoyer son parti en cure d’opposition à tous les niveaux de pouvoir, en théorie pour les cinq prochaines années. Un pari fort risqué pour un parti qui n’a que très rarement lâché le pouvoir au cours de son existence et qui profiterait avant tout... au MR.

Aller dans l’opposition ou pas? Après la défaite électorale, le cdH semblait particulièrement divisé sur la question. Après mûre réflexion, le président du parti Maxime Prévot a tranché ce mercredi: les élus centristes s’assiéront sur les bancs de l’opposition, et ce dans toutes les assemblées. En faisant le pari de se refaire une santé électorale durant les cinq prochaines années. Du moins en théorie.

Citation

“Le cdH ne vit pas forcément bien lorsqu’il se trouve dans l’opposition”

Jean-Benoît Pilet, Politologue à l’ULB

Un pari néanmoins risqué, nous expliquait le politologue de l’ULB Jean-Benoît Pilet ce mardi et donc avant l’annonce de Maxime Prévot. “Le cdH est un parti qui a occupé le pouvoir pendant l’essentiel de son histoire. C'est un parti qui se définit par l’exercice et l’efficacité du pouvoir”, rappelle l'expert. 

A contrario, le cdH ne vit pas forcément bien lorsqu’il se trouve dans l’opposition, poursuit Jean-Benoît Pilet en rappelant que le parti s’était déjà retrouvé dans cette situation entre 1999 et 2004. Une expérience loin du pouvoir qui n’avait pour autant pas permis au PSC, entretemps devenu cdH, de se refaire une santé, souligne le politologue.

Le cdH nulle part, le MR partout?

Le cdH s'étant lui-même mis hors-jeu, le nombre de majorités possibles s’est drastiquement réduit en Belgique francophone. Tout profit pour son ancien partenaire côté wallon, le MR. Les libéraux, qui s’attendaient à être renvoyés dans l’opposition aussi bien au sud du pays qu’à Bruxelles, pourraient au contraire faire leur entrée dans les exécutifs régionaux et donc celui de la FWB. (Lire la suite sous la vidéo)

À BRUXELLES

À Bruxelles, la coalition PS-Ecolo-DeFI semble tenir la corde côté francophone.  A moins que le Parti socialiste, qui a également la main dans la capitale, ne privilégie finalement le MR afin d’assurer une certaine cohérence entre les niveaux de pouvoir, si un axe PS-MR venait à se dessiner au sud du pays. Le PTB est quant à lui pratiquement déjà exclu puisque celui-ci a d’ores et déjà prévenu qu'il ne participerait pas à une majorité à Bruxelles sans le PVDA côté néerlandophone. Et dans ce groupe linguistique, Groen, one.brussels et l’Open VLD se sont déjà mis d’accord.

Les libéraux francophones seraient donc de retour aux affaires à Bruxelles pour la première fois depuis 2004. (Cliquer sur l’onglet “Coalition” ci-dessous pour établir les majorités possibles)

EN WALLONIE

En Wallonie, seule une alliance entre le PS, le PTB et Ecolo pourrait barrer la route au Mouvement réformateur. Mais comme nous l’écrivions ici, cette majorité pastèque bien mûre a semble-t-il peu de chance d’aboutir. On se dirigerait dès lors vers un gouvernement arc-en-ciel (PS-Ecolo-MR), comme entre 1999 et 2004. Même si socialistes et libéraux peuvent techniquement se passer des écologistes pour former une courte majorité.

AU FÉDÉRAL

Enfin, au niveau fédéral, la mise à l’écart du cdH, qui ne pèse plus que cinq sièges, ne change finalement pas grand chose. Il était de toute façon impossible de reconduire une Suédoise bis, même en y incluant les centristes francophones. Tous les jeux restent ouverts... ou pas.