Le premier centre de consultation pour l’e-cigarette ouvre au CHR de la Citadelle

L’e-cigarette fait couler beaucoup d’encre. Il y a peu, les médias faisaient le compte : il y aurait eu cinq morts liées à l’utilisation de vapoteuses. Des informations pas toujours tout à fait véridiques que le CHR de Liège veut mettre au clair en ouvrant le premier centre de consultation pour la cigarette électronique de Belgique.

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Illustration. © AP

Le CHR de la Citadelle, à Liège vient d'ouvrir des consultations essentiellement portées sur la cigarette électronique. Une première en Belgique, comme nous l’assure Adrien Meunier, tabacologue au Centre d’Aide aux Fumeurs de l’hôpital liégeois. Les patients pourront y poser des questions sur l’utilisation de la vapoteuse, bénéficier d’un accompagnement pour arrêter de fumer l’e-cigarette ou d’une aide pour se sevrer.

Des substances irritantes et cancérigènes

L’e-cigarette ne contient pas de goudrons, ni de monoxyde de carbone. Des substances nocives que l’on retrouve dans les cigarettes classiques. Certains liquides n'ont pas non plus de nicotine, un alcaloïde à l'origine de la dépendance. Certains voient donc la vapoteuse comme une alternative à la cigarette, et un moyen de perdre une mauvaise habitude. “La vape peut être un bon outil pour arrêter de fumer ou pour éviter de rechuter dans le tabagisme, à condition d’être utilisée à bon escient : il faut trouver le bon modèle, l’arôme qui convient, savoir quel taux de nicotine prendre, quel liquide choisir et limiter son utilisation dans le temps”, précise Marie-Christine Servais, tabacologue au CHR de la Citadelle.

Toutefois, certains des liquides sont aussi nocifs que les substances précédemment citées. “Les liquide avec des goûts beurrés, comme pop corn ou caramel, deviennent toxiques une fois chauffés. On peut retrouver de faibles quantités de formaldéhyde ou des nitrosamines dans la fumée qui est inhalée”, ajoute Monsieur Meunier.

Des études difficiles

Dans un rapport publié en juillet 2019, l’OMS considère les cigarettes électroniques comme “nocives” même si “moins toxiques que la cigarette”. “À l’heure actuelle, on ne connaît pas les effets à long terme sur la santé, mais sur base des dernières études, il semble que la vapoteuse soit nettement moins toxique que le tabac fumé”, explique Marie-Christine Servais. Pour savoir si elle est plus ou moins nocive que la cigarette classique, il faudrait mener des études difficiles à mettre en œuvre, selon Adrien Meunier : “Il y a plus de 100 cigarettes électroniques différentes, et plus encore de liquides. Généralement, les études sont menées sur des personnes qui fumaient déjà du tabac. L’idéal, ce serait de prendre plusieurs personnes qui n’ont jamais touché à la cigarette et de voir les effets, après vingt ans, sur leur santé”.

À travers ces consultations, le CHR de la Citadelle permet à des spécialistes de donner des renseignements aux patients sur la polémique autour des e-cigarettes. Ils accompagnent également le fumeur d’e-cigarettes, comme de cigarettes classiques, vers la technique la plus adaptée pour stopper cette consommation. “L’étude de juillet 2019 montre que l’e-cigarette aide les fumeurs à stopper le tabac, mais révèle aussi qu’un an après l’arrêt de la cigarette, ils vapotent toujours. Notre rôle est de les conduire vers le détachement total”, conclut Marie-Christine Servais.

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