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Le prince Philippe et le président turc Recep Tayyip Erdogan © photo_news

Le président turc évoque Liège 2017

Le prince Philippe et le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders ont été reçus jeudi par le président turc Abdullah Gül puis par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Ils ont notamment évoqué la situation en Syrie, la lutte contre le terrorisme et l'adhésion turque à l'Union européenne. Le président est par ailleurs revenu sur la candidature de Liège à l'organisation de l'exposition internationale en 2017, un signe qui pourrait augurer d'un soutien turc alors que la ville d'Izmir est candidate pour le même événement en 2020.

Alors que selon bon nombre d'observateurs, on s'orientait vers un soutien d'Ankara à la candidature kazakhe en 2017, le président Gül est revenu jeudi sur le dossier. Cependant, il n'a pas été question de conclure à ce stade un accord de soutien mutuel entre la Turquie (Izmir 2020) et la Belgique (Liège 2017), à l'image de ceux signés en vue de défendre la candidature des deux pays au Conseil de sécurité de l'ONU (2015-2016 pour la Turquie, 2019-2020 pour la Belgique). Evoquant les relations bilatérales entre les deux pays, qualifiées de "bonnes", le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a rappelé que 200.000 personnes composaient la communauté turque de Belgique alors que chaque année 600.000 Belges se rendent en Turquie pour y faire du tourisme. "Nous avons quelques personnalités turques en Belgique, des entrepreneurs, des artistes, des hommes politiques et depuis peu un bourgmestre", a-t-il indiqué évoquant la future nomination d'Emir Kir visiblement bien connu d'Abdullah Gül et Recep Tayyip Erdogan, originaires de la même région d'Emirdag. A l'occasion de la rencontre de jeudi, une série de dossiers internationaux intéressant la Turquie ont également été évoqués, dont la situation humanitaire en Syrie et la lutte contre le terrorisme. Des réunions trilatérales -Justice, Intérieur, Affaires étrangères- vont être mises en place dans les prochains mois entre la Belgique et la Turquie afin notamment d'échanger les données entre les services des deux pays alors qu'Ankara reproche à l'Union européenne d'abriter en son sein des organisations finançant le terrorisme en Turquie. Sans les nommer, Ankara vise le financement du PKK et de mouvements d'extrême gauche. Elle exige également la facilitation des extraditions, une question à examiner "au cas par cas", a rétorqué jeudi Didier Reynders. L'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, toujours au point mort, a également été évoquée. La Belgique soutient la poursuite des négociations, chapitre par chapitre et selon Didier Reynders, tant le président turc que le Premier ministre ont "confirmé la volonté d'adhérer". Mais "la Turquie a refusé de négocier avec la présidence chypriote", a fait observer le chef de la diplomatie renvoyant par ailleurs "ni plus ni moins" au rapport de progrès de la Commission européenne. Celle-ci a notamment fait connaître sa préoccupation sur la question chypriote mais également sur celle des droits de l'homme, la liberté de la presse en particulier. Le ministre-président flamand Kris Peeters et des patrons de grandes entreprises, tels que Solvay et Hansen, qui se sont vu ouvrir des portes à l'occasion de la mission économique belge en Turquie, mais aussi le secteur des PME ont également été au contact des plus hautes autorités du pays jeudi. Une première réunion de la Commission économique et de commerce conjointe aux deux pays devrait avoir lieu à Bruxelles à l'occasion de la prochaine visite du ministre turc de l'Economie. Le prince Philippe et la princesse Mathilde ont déposé jeudi, au nom du roi Albert et de la reine Paola, une gerbe de fleurs au mausolée Mustafa Kemal Atatürk, à Ankara.