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Le prince Laurent, le "Gaston Lagaffe" de la famille royale

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La polémique née du voyage du prince Laurent au Congo a été au coeur des débats télévisés dimanche. Il en ressort qu'il semble que le prince ne doive pas craindre dans l'immédiat pour sa dotation. Plusieurs participants ont évoqué la nécessité de mieux "l'encadrer" en définissant les devoirs des enfants du roi qui reçoivent une dotation.

Faut-il supprimer la dotation du prince?
Si la N-VA, le Vlaams Belang et la LDD ont plaidé, dès la semaine dernière, pour la suppression de la dotation du prince Laurent, les
autres partis se sont montrés plus nuancés. "On ne peut pas demander à quelqu'un de presque 50 ans d'aller travailler comme le commun des mortels", a notamment dit le député MR François-Xavier de Donnéa. Et d'ajouter que sans dotation "Laurent fera peut-être des choses encore plus embêtantes".

Le président de la Chambre, André Flahaut (PS), a souligné pour sa part que ce n'était pas la première fois que le prince Laurent faisait la Une des journaux. "Il y a eu l'affaire des places d'avion, du permis de conduire.... Il faut réagir. Il faut peut-être recadrer la relation du prince avec le gouvernement car tout ce qu'il fait n'est pas mauvais. Nous pouvons continuer à profiter de son enthousiasme et de sa spontanéité mais en l'encadrant mieux", a-t-il dit à la RTBF. Il a ajouté qu'en ce qui concerne les dotations, il n'était pas question de changer les règles du jeu en cours de partie.

"Un acte extrêmement léger"
Le sénateur cdH François Delpérée (cdH) a abondé dans le même sens. "Il faut des balises qui n'existent pas actuellement", a-t-il dit, soulignant que le prince n'avait transgressé aucune règle. M. Delpérée a qualifié son attitude d'imprudence. Pour le sénateur Armand De Decker (MR), le voyage au Congo était "un acte extrêmement léger". Il a toutefois ajouté qu'il se justifiait scientifiquement.

Pour Jean-Marie Dedecker (LDD), le prince Laurent est "le Gaston Lagaffe de la famille royale". Le leader de la Lijst Dedecker a traité le prince de "magouilleur". La GRECT (Global Renewable Energy&Conservation Trust que le Prince a créé en 2006 et dont l'objectif est de promouvoir l'énergie verte) est en faillite. Mais la transparence fait défaut dans cette association.

"Un problème d'opportunité"
Les députés Thierry Giet (PS) et Olivier Deleuze (Ecolo) ont souligné sur RTL-TVi l'ambiguïté qui naît du fait que le prince reçoit une  dotation. L'ancien ministre et député européen Louis Michel (MR) a lui aussi parlé du "tempérament et du dynamisme" du prince. S'il veut être totalement libre, il peut renoncer à sa dotation, a-t-il dit sur RTL-TVi. Pour lui, dans la situation actuelle, son voyage pose un
"problème d'opportunité.

Du côté flamand, on est également d'avis qu'il faudrait mieux cadrer les relations et la définition des droits et devoirs. Le député sp.a Renaat Landuyt a proposé de légiférer en la matière "car Laurent
ne le comprend pas sans cela". Le CD&V et l'Open Vld ont proposé de mettre en oeuvre plus rapidement les recommandations du Sénat. La Haute assemblée s'est penchée sur la question en 2009 et a proposé de limiter à l'avenir les dotations au roi, à l'héritier(e) du trône et à l'ancien(ne) tenant(e) du trône, son veuf ou sa veuve. Les autre membres de la famille royale pourraient recevoir des contributions en fonction des tâches d'intérêt public qu'ils remplissent et ce sous contrôle de la Cour des comptes.

Invité de l'Indiscret à la RTBF, le ministre wallon Benoît Lutgen a dit : "Je connais très bien le prince. Il a un vrai engagement, une vraie conviction pour la nature et le bien-être des animaux". M. Lutgen reconnaît toutefois que le voyage était "une erreur". Au niveau politique et diplomatique, il faut préparer un tel voyage, a-t-il
ajouté. (belga/mb)