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Le prince Laurent en juin dernier. © Photo News

Le prince Laurent sur sa mésaventure libyenne: “Je veux que cessent les menaces”

Mise à jourLe prince Laurent s’est livré au Soir sur sa mésaventure en Libye.

En 2008, Global Sustainable Development Trust (GSDT), la fondation du prince Laurent, avait signé un contrat de 70 millions d’euros avec le ministère libyen de la Politique agricole afin de reboiser des milliers d’hectares de désert en Libye. Les travaux avaient déjà débuté lorsque l'État libyen a rompu l’accord. Selon Laurent, l’affaire a capoté car il a refusé de graisser la patte d’un ou deux chefs de clan, dont un ministre de Kadhafi.

Au journal Le Soir, Laurent affirme ce mercredi avoir subi des tentatives de corruption à l’époque mais aujourd’hui encore également. “Je veux que cessent les menaces et les tentatives de corruption que j’ai reçues”, explique le prince qui ajoute que les dernières menaces datent d’il y a quelques jours. “Ce sont des menaces très agressives et inacceptables. Et pourtant j’en ai vu d’autres. Vers 2009-2010, un membre de l’entourage [d’un] ministre de Kadhafi était allé jusqu’à poser un pistolet neuf millimètres sur la table, devant moi, pour m’intimider”, confie-t-il.

Toujours dans les colonnes du quotidien, le frère du Roi se souvient également d’être intervenu auprès d’un des fils de Kadhafi pour faire libérer le gérant belge d’un hôtel à Tripoli accusé d’avoir tenté d’empoisonner avec du Coca périmé les invités d’une soirée organisée par la fille du dictateur. 

Le dossier des fonds libyens examiné jeudi

Le dossier des fonds libyens est de nouveau à l’agenda de la chambre des mises en accusation de Bruxelles jeudi, annonce par ailleurs l’agence Belga ce mercredi. La dernière audience, en mai 2019, avait simplement consisté à une mise en état du dossier. La juridiction est amenée à se prononcer, au terme des débats, sur la légalité de la décision qu’avait prise le juge d’instruction Michel Claise d’opérer une saisie des fonds libyens gelés chez Euroclear Bank.

Le juge Claise avait pris cette décision dans le cadre d’une enquête débutée en 2015, à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée par Me Pierre Legros contre l'état libyen pour blanchiment et abus de confiance. L’avocat entendait faire appliquer l’arrêt de la cour d’appel de Bruxelles, datant de novembre 2014. Celle-ci avait condamné la Libye à indemniser sa cliente, l’ancienne ASBL du prince Laurent, à hauteur de 50 millions d’euros pour rupture unilatérale de contrat.

Commission d’enquête toujours en cours

Parallèlement à la procédure judiciaire devant la chambre des mises en accusation de Bruxelles, une commission d’enquête est toujours en cours sur les circonstances dans lesquelles la Belgique a permis la libération d’intérêts issus de fonds libyens, placés dans une banque belge. Ces intérêts étaient gelés en raison de sanctions internationales contre le régime de Mouammar Kadhafi. La libération de cet argent - une somme estimée à plus de deux milliards d’euros - a été jugée suspecte par l’Onu.