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Le procès de l'Église de Scientologie s'est ouvert à Bruxelles

VideoOnze membres et anciens membres de l'Eglise de Scientologie belge, ainsi que l'asbl Eglise Scientologie Belgique et l'asbl Eglise Scientologique Europe, sont prévenues devant le tribunal correctionnel de Bruxelles notamment de faits d'extorsion, de faux et de pratique illégale de la médecine. L'ancienne trésorière de l'asbl Eglise Scientologie Belgique, qui figure parmi les prévenus, a affirmé, lundi matin, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, que les revenus de l'Eglise étaient de l'ordre de 5.000 euros par semaine.

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Eric Roux, dirigeant de l'Eglise en Belgique. © photo_news
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"Les revenus de l'Eglise étaient de l'ordre de 5.000 euros par semaine. Deux mille euros provenaient de la vente de matériaux comme les livres et les vidéos et 3.000 euros provenaient de la vente des cours et formations", a expliqué l'ancienne trésorière, qui a quitté l'organisation en 2005, à la même période que son mari.

Sur les 3.000 euros provenant des formations, 9,5% étaient reversés à l'Eglise "mère" à Los Angeles et 3% à l'Eglise scientologique Europe située à Copenhague, au Danemark. En cas de pertes, ces pourcentages étaient inférieurs, a précisé l'ancienne trésorière.

Près d'un tiers, soit 30%, des 3.000 euros permettaient de rétribuer le personnel. Les bénévoles qui vendaient des livres de l'Eglise de Scientologie recevaient par ailleurs une commission.

"Je n'ai pas eu l'intention de tromper qui que ce soit"
L'ex-trésorière est poursuivie comme membre d'une association de malfaiteurs et/ou pour participation à une organisation criminelle. "Je n'ai pas eu l'intention de tromper qui que ce soit. J'étais super dévouée et me suis investie à fond. J'ai fait mon boulot de bonne foi", a-t-elle déclaré. Le président du tribunal a fait acter que la prévenue avait une relation de subordination au sein de l'Eglise de Scientologie belge. "De supervision", a fait corriger l'avocat de cette dernière.

La prévenue a connu l'Eglise de la Scientologie par sa belle-soeur, chez qui elle travaillait comme jeune fille au pair. Le couple qui l'hébergeait alors qu'elle avait quitté le domicile familial à 18 ans, a financé sa première formation de base au sein de l'Eglise de Scientologie. La prévenue aura suivi au total 4 à 5 formations de base et déboursé quelque 10.000 francs belges. Elle a précisé qu'une fois devenue permanente au sein de l'ASBL, elle ne devait plus financer ses cours.

Deux versements inexpliqués
Elle a également effectué un don d'environ 30.000 francs belges à une association financée par l'Eglise de Scientologie internationale mais indépendante de celle-ci. Son mari a lui investi 400.000 francs belges. Le couple aurait quitté l'Eglise de Scientologie en 2005, mais l'ex-trésorière a encore effectué deux versements inexpliqués à cette dernière en 2008. L'ex-trésorière affirme ne plus avoir de contacts actifs avec l'Eglise de Scientologie mais uniquement avec quelques "collègues".

"Je me suis trouvée malade, après un burn-out. J'étais très fatiguée. Il était temps que je prenne plus de temps pour ma famille", a-t-elle dit. L'ex-trésorière ne s'est pour autant pas montrée critique vis-à-vis de l'Eglise de Scientologie. "Les personnes autour de moi m'ont beaucoup aidée dans mes difficultés. Elles sont là pour aider", a-t-elle souligné.

Elle a appris la comptabilité "sur le tas", pour répondre à un déficit de personnel au sein de l'Eglise de Scientologie. La prévenue a affirmé que dès le départ, elle savait qu'elle s'engageait dans du bénévolat. "Je n'ai pas signé de contrat de travail mais une déclaration d'adhésion. Je faisais quasi un temps plein et j'avais d'autres petits boulots à côté pour subvenir à mes besoins", a-t-elle expliqué.

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  1. Des demandeurs d'asile dénoncent des violences policières lors d’une tentative de rapatriement

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