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Le PS et Ecolo ferment la porte à la N-VA: “L'intérêt du parti avant celui du pays”

La situation au fédéral semble complètement dans l’impasse. Mardi, Theo Francken a rompu le silence sur la formation fédérale dans une série de tweets incisifs. Le ténor de la N-VA a fustigé l’attitude du PS.

“Le PS refuse toute discussion avec nous. Nous pas. Diaboliser, pendant des années, le plus grand parti du pays et le considérer comme ‘cryptonazi’ conduit naturellement à de l’ingouvernabilité. Ne me parlez pas d’hommes d’Etat. Ceux qui disent tant l’aimer le conduisent à la tombe”, a tweeté l’ex-Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration mardi matin, envoyant le rôle du “zwarte piet” au PS.

Selon Het Laatste Nieuws, Ecolo adopte la même attitude que le PS et refuse toute discussion avec le parti séparatiste flamand. Pourquoi? Parce que les deux partis, qui négocient la formation d’une coalition coquelicot en Wallonie, savent que Bart De Wever mettra de toute façon le confédéralisme sur la table. Pour le PS et Ecolo, c’est “onbespreekbaar”. Bref, le blocage semble total. A tel point que les deux informateurs, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, rendraient leur tablier lundi au Roi. Une information démentie toutefois par le cabinet Reynders.

“Irresponsable”

Pour Carl Devos, politologue à l’Université de Gand, les négociations en Wallonie risquent d’être cruciales pour la suite des évènements. ”Si le PS s’allie à Ecolo et au cdH, ce sera compliqué. Le PS ne peut aller à gauche toute en Wallonie et en même temps négocier au fédéral avec la N-VA. En revanche, si le PS forme une coalition avec le MR, l’écart idéologique est moins grand. La lutte entre Di Rupo et Magnette pour le leadership du PS joue aussi un rôle. La N-VA est disposée – même si c’est à contrecoeur - à discuter avec le PS mais elle a une aversion plus grande pour Magnette que pour Di Rupo”, analyse-t-il dans Knack

“Je peux comprendre le mécontentement de la N-VA sur le refus du PS. Les socialistes francophones attachent beaucoup d’importance au niveau fédéral mais refusent d’y investir”.

Et le professeur de poursuivre: “Au 16 rue de la Loi, on semble ne toujours pas avoir compris les résultats des élections. Une bonne partie de la population aspire à ce que l’on fasse de la politique autrement. Et pourtant, les partis continuent de jouer des jeux stratégiques qui échappent à l’électeur. Ils privilégient l’intérêt du parti à celui du pays. C’est complètement irresponsable”.