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Peter Mertens, le président du PTB. © Photo News

Le PTB explique les raisons de sa rupture avec le PS

Réuni sur la côte, à Bredene, dans le cadre du festival ManiFiesta, le PTB a une nouvelle fois revendiqué dimanche la nécessité de mener une "politique de rupture" pour redonner du sens aux citoyens et repousser les extrêmes à droite, le racisme et le séparatisme. Mais à les entendre, les partis traditionnels n'ont toujours pas entendu le message de l'électeur le 26 mai dernier. Demandeur d'un vaste plan de réinvestissement public de 10 milliards d'euros, le PTB fustige notamment l'opération de privatisation des actifs de Nethys. "C'est ce genre de pratiques que nous reprochons aux dirigeants du parti socialiste. C'est une des raisons principales de notre rupture des négociations avec le PS pour un nouveau gouvernement wallon", a indiqué le président Peter Mertens.

Le PTB avait rapidement répondu par la négative à l'appel du formateur Elio Di Rupo d'envisager la mise sur pied d'un gouvernement progressiste, avec le PS et Ecolo en Wallonie. En conséquence, un gouvernement a été mis sur pied avec le MR.

"Nous ne voulons pas de privatisations, nous voulons des investissements publics", a indiqué dimanche Peter Mertens évoquant les projets de vente de Voo à un opérateur américain, et d'Elicio à l'homme d'affaires liégeois François Fornieri.

Investissements

Le président du PTB a plaidé en faveur d'investissements dans la recherche publique, des soins de santé pour tous, un enseignement de qualité pour chaque enfant, l'énergie renouvelable publique, des emplois durables, les transports publics, le logement public et les pensions. "Nous avons besoin de 10 milliards d'euros pour mettre tout cela sur les rails", a-t-il poursuivi.

Le président du PTB a notamment évoqué le cas de la petite Pia qui, grâce à la générosité citoyenne, pourra bénéficier d'un médicament à 1,9 million d'euros, produit par la multinationale Novartis (11,5 milliards d'euros de bénéfices), qui s'est contentée de racheter le brevet à des centres de recherches universitaires financés par le contribuable. Le PTB mène campagne depuis des années pour des médicaments à un prix abordable.

Le PTB a également évoqué dimanche sa pétition pour une pension minimum à 1.500 euros qu'il entend déposer au parlement dans le cadre de l'initiative citoyenne. Celle-ci a récolté 40.000 signatures sur les 100.000 nécessaires, en une semaine de temps. Critiqué par le PS et Ecolo, qui l'accusent, en tant que parti politique, de détourner la loi sur l'initiative citoyenne, le PTB leur a reproché d'avoir appartenu à des gouvernements qui ont livré des ministres des Pensions restés inactifs.

Peter Mertens a reproché à l'ensemble de la classe politique traditionnelle de continuer "comme si de rien n'était" malgré "la plus grande défaite électorale de toute l'histoire de l'après-guerre".

“Le Vlaams Belang sème la haine”

Le président du PTB a attaqué le Vlaams Belang, qui se prétend social, tout en votant des mesures anti-sociales. Il a aussi attaqué la N-VA qui fait le jeu du parti d'extrême droite. "Le Vlaams Belang est un parti qui sème la haine et monte les gens les uns contre les autres. La normalisation du fascisme est inquiétante, et la N-VA y contribue. Un discours qui relativise le racisme et normalise le Vlaams Belang, un discours contre les syndicats, contre le monde associatif, contre les artistes et le monde académique, tout cela dégage la voie pour l'extrême droite", a estimé Peter Mertens.