Le secteur agroalimentaire plus que jamais en difficulté à cause de la crise

Toute l’année, les producteurs belges rencontrent énormément de difficultés pour maintenir la tête hors de l’eau. Depuis, la pandémie de coronavirus est passée par là, et les difficultés n’ont fait que s’accentuer. La coopérative liégeoise Les Petits Producteurs espère que les autorités compétentes viendront en aide des maraîchers, éleveurs, fruitiers, arboriculteurs, et de tous les acteurs locaux du secteur agroalimentaire.

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Après les ventes record enregistrées juste avant le confinement, et malgré des chiffres en stabilisation, les magasins de la coopérative liégeoise Les Petits Producteurs, qui vendent des produits locaux et bio, constatent une légère baisse de la fréquentation. Mais ce qui les inquiète vraiment, c’est l’avenir des éleveurs, maraîchers, fruitiers, et autres producteurs qui, face à la crise, sont parfois démunis.

Chez les maraîchers et les arboriculteurs, le début du printemps est une période habituellement très chargée. Mais le confinement rend l’accès aux champs très difficile, selon François Olivier, chargé de communication à la coopérative. “Il est parfois intenable de respecter les règles de distanciation. Dans les camionnettes, par exemple, les ouvriers ne peuvent se déplacer qu’à deux. Ils doivent donc faire plus de trajets”, explique-t-il.

Manque de main d'œuvre

En plus de cela, la main d’œuvre manque. Alors qu’en cette période, les producteurs peuvent normalement compter sur les stagiaires, ces derniers ne peuvent plus se rendre dans les champs “Nous ne sommes plus autorisés à continuer notre stage sur le terrain, par contre nous pouvons y retourner en tant que cueilleurs rémunérés”, explique Loïc, ancien vendeur qui suit maintenant une formation en maraîchage. “C’est illogique parce que cela représente un coût supplémentaire pour le producteur alors que nous sommes là pour apprendre, gratuitement.”

Comme nous l’indique François, plusieurs personnes qui sont en chômage technique ou n’ont tout simplement plus d’activité en ce moment se sont proposé pour travailler bénévolement. “Mais le travail bénévole dans les cultures est illégal et puni par une amende de 19.000 €”, indique-t-il.

Il espère, en outre, que les autorités compétentes entendront ce cri d’alerte et qu’elles aideront, d’une manière ou d’une autre, ce secteur en crise. “Ne serait-ce qu’en permettant le bénévolat auprès des producteurs”, commente François.

Forte influence de l’horeca

Du côté des éleveurs, même si l'on constate une augmentation de la demande en magasin, elle ne permet pas forcément de compenser les pertes de ventes vers l’horeca et les écoles. Le constat est le même chez les brasseurs. La Brasserie Coopérative Liégeoise, par exemple, a perdu jusqu’à 70% de son chiffre d’affaires à cause de la fermeture des cafés, bars et restaurants, ainsi que de l’interdiction d’organiser des événements.

Cette crise sans précédent vient s’ajouter aux difficultés que connaissaient déjà les producteurs locaux bien avant la pandémie de coronavirus. C’est justement pour aider ces derniers que la coopérative a été mise en place. “On espère que les personnes qui ont changé leurs habitudes continueront de soutenir le circuit court après la pandémie, pour soutenir les projets agricoles et ainsi relocaliser notre alimentation”, conclut Pascal Hennen, coordinateur du projet.

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