Le secteur funéraire a aussi besoin de masques: “Ce sont nos employés qui vont chercher le défunt”

L'organisateur de funérailles Sereni, qui rassemble des entrepreneurs de pompes funèbres, regrette de voir ces derniers exclus de la liste des partenaires à approvisionner en masques de protection, explique mardi l'organisme dans un communiqué. Le secteur funéraire est cependant en contact direct avec d'autres prestataires de soins, des patients décédés du Covid-19 et de leurs proches, souligne l'organisation.

En Lombardie, la région la plus touchée d'Italie, les funérailles de personnes décédées du coronavirus sont organisées à huis clos, sans le moindre membre de la famille, en raison des strictes mesures de quarantaine (illustration, Grassobbio, 23 mars, 2020)
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En Lombardie, la région la plus touchée d'Italie, les funérailles de personnes décédées du coronavirus sont organisées à huis clos, sans le moindre membre de la famille, en raison des strictes mesures de quarantaine (illustration, Grassobbio, 23 mars, 2020) © AFP

Les entrepreneurs de pompes funèbres n'ont pas été inclus dans la liste des professions à risque dû au Covid-19, pointe Sereni. L'organisme explique qu'en outre, Fedris, l'Agence fédérale des risques professionnels, a confirmé cette semaine que les personnes atteintes du Covid-19, travaillant dans le secteur des soins de santé et courant un risque accru d'être infectées par le virus, ont droit à une indemnisation pour maladie professionnelle. Seul le secteur funéraire n'est pas explicitement inclus dans cette liste, selon Sereni.

“Extension du secteur de la santé”

"Le secteur funéraire est une extension du secteur de la santé. Nous fournissons les soins qui viennent après le déploiement du personnel médical, mais également les soins au défunt et à ses proches. Lorsque le patient meurt, le cadavre infecté se retrouve au salon funéraire. Tout comme la compagnie d'ambulances qui organise le transport vers l'hôpital, ce sont nos employés qui vont chercher le défunt. Je ne vois pas de différence. Sans cette reconnaissance, nous n'avons pas droit à une indemnisation nécessaire en ces temps difficiles où notre personnel donne le meilleur de soi pour permettre aux proches un dernier au revoir", explique le PDG de Sereni, Bram Coussement.

Conséquences potentielles désastreuses 

Sereni souligne toutefois que le secteur ne peut pas tout simplement voir ses employés abandonner leurs fonctions pour cause de maladie. Cela entrainerait des conséquences désastreuses au niveau sanitaire, mais aussi pour les familles des victimes. Mais l'organisme doit alors être en mesure de protéger suffisamment ses employés.

Les masques de protection pour le personnel et la reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle pour les travailleurs du secteur funéraire, sont donc essentielles pour protéger le secteur contre ce virus.