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Environ 6,7% des détenus interrogés ont déclaré avoir déjà eu un contact sexuel librement consenti avec un autre détenu. © Shutterstock

Le sexe en prison reste tabou

La santé psychologique et sexuelle des détenus est délaissée. Le professeur de la VUB Johan Vansintejan et le médecin Glenn Boulanger ont interrogé 122 hommes incarcérés dans 10 prisons du pays. Plus d'un quart d'entre eux ont affirmé ne pas parler de leurs problèmes ou abus sexuels. Les auteurs de l'étude plaident pour que la sexualité des prisonniers ne soit plus un tabou.

L'accès à la meilleure santé possible est un droit fondamental, en ce compris en ce qui concerne la santé sexuelle. Selon l'Organisation mondiale de la santé, cela implique la faculté de mener des expériences sexuelles "qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence".

Or, selon Glenn Boulanger, la santé sexuelle des détenus est malmenée. "L'expérience sexuelle est aussi importante en prison que pour les personnes à l'extérieur. Plus de la moitié des sondés se masturbent au moins chaque semaine, tandis qu'un tiers fait usage à la même fréquence de matériel pornographique", souligne le médecin. "Les hommes qui se masturbent plus souvent ne sont certainement pas plus satisfaits de leur sexualité en prison. Ce sont ceux avec un partenaire stable qui, dans l'ensemble, sont les plus heureux de leur vie sexuelle. Bénéficier d'une visite sans dérangement joue à cet égard un rôle important.”

Sexe entre détenus

Environ 6,7% des détenus interrogés ont déclaré avoir déjà eu un contact sexuel librement consenti avec un autre détenu. Il s'agit en majorité d'hommes homosexuels. "C'est une manière d'assouvir ses besoins sexuels. Dans certains cas relativement rares, le sexe est également une monnaie d'échange contre de la drogue, de la nourriture ou même une protection", analyse le docteur Boulanger.

Ceux qui souhaitent la visite d'un partenaire sans être dérangés doivent franchir trop de seuils pour l'obtenir, estime encore M. Boulanger. C'est surtout le sentiment de stigmatisation qui fait obstacle, d'après l'étude qu'il a menée.

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