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Le suicide de Maëlle s’est invité sur les bancs du conseil communal carolo

Il y a environ un mois, Maëlle (14 ans) s’est suicidée après qu’elle eut été sujette à du harcèlement scolaire. Elle faisait partie du Centre Scolaire Saint-Joseph Notre-Dame à Jumet (Charleroi). Ce drame a fait couler beaucoup d’encre et le sujet a été abordé lors du dernier conseil communal de la Ville de Charleroi.

“A quand un centre contre le harcèlement? Un centre de revalidation, par exemple, contre le harcèlement scolaire à Charleroi. Ce serait une première véritablement en Belgique.” La question a été posée par le conseiller communal carolo, Jean-Noël Gillard (Défi), à l'Échevine de l’Enseignement et de la Formation, Julie Patte (PS).

Exemple français

Une idée que le membre de Défi est allé puiser chez nos voisins français: “Vous avez une clinique psychiatrique Lautréamont à Loos dans le nord de la France, près de Lille, et qui est une unité de soins uniques. La majorité de ses patients sont des enfants et des adolescents souffrant ou ayant souffert de harcèlement scolaire. Les enfants et les ados y sont admis pour des périodes de quinze jours pendant lesquels ils sont pris en charge par des psychiatres qui mettent en place des thérapies innovantes qui ont prouvé leur efficacité en Europe. (...) C’est durant leur séjour à l’hôpital que l’on va démonter des mécanismes de harcèlement. On va travailler leur confiance en eux pour leur permettre de réintégrer l’école et la société avec force. Je me pose vraiment la question: pourquoi pas chez nous? Et pourquoi pas à Charleroi?”

Et visiblement, cette proposition n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. L’échevine compétente l’a accueillie les bras ouverts: “Je suis très intéressée par les infos dont vous faites état. (...) Il faut savoir qu’on est déjà en contact avec le réseau des hôpitaux publics sur Charleroi dans le cadre de l’amélioration de la santé à l’école. Notamment, tout ce qui concerne les visites médicales. Sur ce volet santé, on travaille vraiment à l’amélioration avec le corps médical. Ça m’intéresse donc très, très fort si on peut être la pointe à Charleroi.”

Prévention

Mais la socialiste ne veut pas négliger l’aspect préventif: “Nous continuerons à développer des projets pertinents dans les écoles communales. La lutte contre les violences scolaires, le harcèlement et le cyberharcèlement figurent d’ailleurs dans les priorités de notre plan stratégique transversal. Les moyens de lutte doivent être dans l’école, mais aussi en sortir et utiliser les mêmes outils du numérique que les harceleurs.”

Reste à mettre sur pied un plan d’attaque: “Ce qu’il manque encore, c’est la visibilité, la clarté, une structuration de toutes ces ressources. Il faut donner la possibilité à un parent, à un éducateur et surtout à un élève victime ou témoin de harcèlement de trouver directement à qui s’adresser.”

Bien évidemment, le harcèlement scolaire ne s’arrête pas aux limites de l’entité de Charleroi. C’est pourquoi la Ville compte sur la Fédération Wallonie-Bruxelles pour initier des projets concluants.