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Le témoignage d’une aide-ménagère: “Le métier de femme de ménage est un peu comme la prostitution. Il est facile d’y entrer, mais beaucoup plus difficile d’en sortir”

Il existe des métiers plus faciles que d’autres, des métiers qui rapportent plus que d’autres et des métiers qu’il est plus difficile de quitter que d’autres. Selon Maya (nom d’emprunt), être aide-ménagère n’est pas compliqué. En revanche, faire ses adieux au milieu, comme elle souhaite le faire depuis longtemps, c’est une autre histoire.

À 15 ans, Maya (nom d’emprunt) a décidé de quitter le cocon familial pour vivre avec son compagnon de l’époque, un homme plus âgé qu’elle qui avait déjà une situation. La nécessité de subvenir à leurs besoins s’est vite fait ressentir, et avec elle, la décision de Maya de quitter les bancs de l’école pour trouver un travail. “Le plus facile et le plus rapide a été de me proposer comme aide ménagère pour les particuliers et dans les entreprises. J’ai notamment travaillé pour une animalerie”, se remémore-t-elle. 

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Le métier de femme de ménage est un peu comme la prostituti­on. Il est facile d’y entrer, mais beaucoup plus difficile d’en sortir.

Maya (nom d’emprunt)

À présent âgée de 37 ans, la Spadoise fait le ménage depuis vingt ans. Une situation qui pèse sur son moral et sur sa santé, un métier qu’elle voudrait quitter. Pourtant, ce n’est pas aussi facile que ça de quitter le milieu, selon elle : “C’est un peu caricatural, certaines personnes pourraient mal le prendre, mais je trouve que le métier de femme de ménage est un peu comme la prostitution. Il est facile d’y entrer, mais beaucoup plus difficile d’en sortir”.

Il y a cinq ans, et sous les conseils d’un proche, elle a commencé une formation dans le domaine du bien-être. Mais depuis, diplôme en poche, elle peine à trouver une clientèle.

Une vie régentée par les contraintes financières

Si elle rêve de faire de cette passion son métier, ne serait-ce qu’en tant qu’indépendante complémentaire, les obligations de la vie la contraignent à repousser ce projet. “Même si mon fiancé actuel a un bon poste, il ne peut subvenir aux besoins de toute la famille. Et ce ne sont pas les 400 € de mon chômage qui y changeront quelque chose. Avec mes deux ou trois prestations au noir, je ne peux pas, non plus, l’aider. Du coup, je suis encore contrainte de faire du ménage à gauche ou à droite...”, regrette Maya.

Si elle tient tant à quitter le métier d’aide ménagère, c’est qu’il est usant. La jeune femme a beaucoup de soucis aux bras et aux mains et a failli se faire opérer du canal carpien. Et outre l’aspect santé, c’est aussi le manque de considération qui la blesse. 

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Beaucoup de gens pensent que l'on doit tout faire pour eux. Ils n’ont vraiment pas de respect pour nous...

Maya (nom d’emprunt)

Cet avis bien tranché est partagé par sa meilleure amie qui, elle, veut devenir aide familiale. Mais à 47 ans, il est encore plus difficile pour cette femme de reprendre des cours, en formation, et de faire l’impasse sur un salaire régulier.

Désemparée, mais toujours aussi motivée malgré les difficultés, Maya fait tout ce qu’elle peut pour lancer son activité à Spa. L’idée d’ouvrir, avec sa fille, un salon dédié à l’esthétique et au bien-être, lui permet, en outre, de ne pas baisser les bras.

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