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L'accusé Etienne Dedroog © belga

Le tueur des gîtes a-t-il également sévi en France?

AssisesLe meurtre de Véronique Crettaz, propriétaire d'un gîte à Bouchet (Drôme, sud-est de la France), même s'il ne sera pas jugé en Belgique, a été évoqué mardi devant la cour d'assises du Luxembourg dans le cadre du procès d'Etienne Dedroog. Le quadragénaire flamand, qui doit répondre du meurtre pour faciliter le vol sur les époux Blankaerts, retraités néerlandophones, propriétaires d'un gîte à Grandvoir (Neufchâteau), est aussi considéré comme le principal suspect dans la mort de Véronique Crettaz.

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Me Patrick Davreux, avocat d'Etienne Dedroog © belga
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Les victimes, les époux Blankaerts © belga
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Le président de la cour, Philippe Gorle © belga

Cette particularité a valu à Etienne Dedroog le surnom de "tueur des gîtes". Le dossier a fait l'objet d'une instruction séparée en France et Etienne Dedroog devrait être jugé devant les assises de la Drôme. Mais à la différence des faits belges, Etienne Dedroog nie avoir tué Véronique Crettaz.

À Arlon, un commissaire de la police judiciaire fédérale de Marche a été entendu, mardi, pour dresser un résumé de l'enquête française, à titre d'information, et évoquer les parallèles entre les dossiers.

L'audition d'enquêteurs français avait été sollicitée mais celle-ci n'a finalement pas eu lieu. Le procureur de la république de Valence a en effet fait savoir à son homologue belge, le substitut du procureur du Roi, Etienne Donnay, en charge du dossier belge depuis le début et occupant la fonction d'avocat général dans le présent procès, que les enquêteurs français ne pourraient répondre à aucune question. "Ils restent soumis au secret de l'instruction et nous avons convenu dans ce cas de leur éviter un long déplacement pour rien", a informé le magistrat du ministère public.

Un lacet avec de l'ADN
Cependant, les dossiers belge et français ont été comparés. Il en ressort des éléments de rapprochement présentés mardi à la cour et au jury. Véronique Crettaz a été retrouvée morte dans son gîte, le 11 octobre 2011. Il a été établi que qu'Etienne Dedroog avait séjourné chez elle du 20 au 25 juillet 2011. En fin de séjour, il lui avait laissé une montre en gage pour payer plus tard ses nuitées. Lorsque le décès violent de cette propriétaire de gîte avait été constaté, le vol de son véhicule (comme à Grandvoir) et de ses cartes bancaires avait été constaté. Sa mort était due a un étranglement suivi vraisemblablement d'un égorgement. Un lacet avec des traces de l'ADN de la victime mais aussi d'Etienne Dedroog avait été retrouvé non loin de chez Véronique Crettaz. Or à Grandvoir, Etienne Dedroog a confié avoir étranglé Martin et Mia Blankaerts avec un lacet.

Un retrait avec la carte bancaire de la victime
L'enquête française a conclu à une présence d'Etienne Dedroog à Montélimar, distant d'une quarantaine de kilomètres de Bouchet, au moment où Véronique Crettaz a été tuée. Les cartes bancaires de la victime ont été utilisées. "Montélimar est l'une des villes de France la mieux surveillée à l'aide de caméras", a indiqué le commissaire de la police judiciaire fédérale. À l'analyse des images, les enquêteurs français estiment avoir reconnu Etienne Dedroog effectuer un retrait d'argent avec la carte de Véronique Crettaz. Mais divers autres devoirs d'enquête ont été demandés par l'avocat français d'Etienne Dedroog.

De son côté, son avocat belge, Me Patrick Davreux, a commenté mardi cette évocation. "Il y a différentes pistes et je vous demande de prendre ce qui vous a été présenté avec précaution", a fait valoir l'avocat de l'accusé à l'adresse du jury. Etienne Dedroog a d'ailleurs fait appel, en France, après la décision de le renvoyer là-aussi devant les assises pour répondre du meurtre de Véronique Crettaz.

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