Les coursiers liégeois de Deliveroo n’assureront pas les livraisons ce vendredi

Mise à jourNe comptez pas trop vous faire livrer votre repas, ce vendredi. Les livreurs liégeois de Deliveroo croiseront les bras, dès 18h, pour dénoncer la mise en place du “free-shift”, les conditions de travail difficile et leur salaire jugé indécent. L’entreprise de livraison, de son côté, estime que cette action est le fruit d’agitateurs.

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Vendredi 6 mars, les livreurs liégeois de Deliveroo feront grève. En faisant cela, ils dénoncent le “free-shift” ou “free-login”, un nouveau calcul de leur rémunération qui réduira encore leur salaire et accroîtra la compétition entre eux. Le mouvement est salué pas la FGTB et la CSC qui soutiennent les coursiers.

Auparavant, les créneaux horaires de travail étaient réservés par un certain nombre de coursiers. Avec le “free-shift”, tous les livreurs pourront s’inscrire à tous les créneaux horaires. “Aujourd’hui, on attend parfois une heure pour avoir une commande qui nous rapportera 5€. Avec ce système, si tous les coursiers se connectent au même moment, il sera encore plus difficile de gagner 12€ de l’heure en moyenne. Et moins de 12€ de l’heure pour rouler sous la pluie, ne pas être assuré en cas d’accident et même parfois être agressé par les clients, c’est pas grand-chose”, raconte un coursier qui a préféré ne pas dévoiler son nom de peur des représailles de la direction.

“Avec ce système de rémunération, Deliveroo s’assure de toujours avoir une armée de coursiers disponibles pour livrer ses commandes, sans considération des conditions de travail, du temps d’attente et de ses livreurs. L’entreprise, qui subit des actions en justice et fait face depuis des années à des mouvements de grèves en Belgique, aux Pays-Bas, en France, en Espagne et dans d’autres pays européens, ne respecte toujours pas ses travailleuses et ses travailleurs”, fustige la FGTB.

Rassemblement rue pont d’Avroy

Les coursiers liégeois veulent que Deliveroo renonce à ce nouveau système et améliore leurs conditions de travail. Pour eux, travailler pour quelques euros de l’heure malgré la pluie, la neige et l’attente dans le froid, n’est pas décent. Ils considèrent même que ce fonctionnement est de l’esclavage.

Les coursiers se rassembleront ce vendredi 6 mars, à 18h00, rue pont d’Avroy, pour exprimer leur colère et se faire entendre par la direction de Deliveroo : “non au free-shift”. Ils appellent les autres coursiers à venir les rejoindre et à se déconnecter de leur application. La CSC précise, par ailleurs, que les actions s’étaleront sur toute la journée, dès 11h. Des tracts seront distribués et des actions plus spécifiques auront lieu dans certains restaurant liégeois.

Deliveroo se dit prêt à dialoguer mais critique la démarche

Du côté de Deliveroo, on se dit étonné : “Nous n’avons pas été contactés pour organiser une rencontre avec ces personnes. Bien entendu, nous serions heureux de rencontrer tout coursier de Deliveroo qui aurait des questions et souhaiterait nous parler de manière constructive. À la proposition d’organiser un moment d’échange avec les coursiers qui nous ont interpellé, aucune réponse n’a été reçue.”

Pour l’entreprise de livraison, les personnes qui appellent au boycott ne sont pas des livreurs de chez eux, mais plutôt “des agitateurs professionnels”. “Ils essaient d’empêcher les livreurs de gagner leur vie. Ils empêchent les clients de recevoir leurs commandes et aux restaurants de faire livrer leurs plats. Ce genre d’action n’est donc pas représentatif ni constructif”, critique Rodolphe Van Nuffel, responsable des relations publiques de Deliveroo.

Par ailleurs, selon lui, la modification de “free-login” a été introduite à la demande des livreurs qui voulaient obtenir plus de flexibilité. “La liberté et la flexibilité dont jouissent les coursiers pour établir leurs propres temps de travail est une chose que les coursiers eux-mêmes nous disent apprécier par-dessus tout”, explique-t-il. Le système aurait, par ailleurs, permis d’augmenter les revenus des coursiers dans d’autres pays où Deliveroo est présent.

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