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Fatima Benmezian avait quitté la Belgique en 2014 © DR.

Les deux sœurs djihadistes belges expulsées de Turquie sont arrivées par un “vol régulier” à Bruxelles

mise à jourDeux soeurs jihadistes de 24 et 31 ans ont été expulsées vendredi de Turquie vers la Belgique, où elles ont atterri en début de soirée, a indiqué le parquet fédéral belge dans un communiqué.

Toutes deux condamnées par défaut à cinq ans de prison en Belgique pour “participation aux activités d’un groupe terroriste”, elles ont été “transférées vers une prison” pour y “purger leurs peines respectives”, a précisé le parquet.

Elles disposent de 14 jours pour “former opposition contre leur jugement” et décider d’être ou non rejugées, a précisé Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral.

La plus jeune, Fatima Benmezian, s’était évadée du camp sous contrôle kurde d’Aïn Issa, au nord de la Syrie, le mois dernier, à la faveur du chaos provoqué par l’offensive militaire turque dans cette région.

Elle avait été arrêtée début novembre à Kilis, en Turquie, près de la frontière avec la Syrie, qu’elle venait de franchir avec l’aide de passeurs, selon les journaux De Morgen et Het Laatste Nieuws.

Fatima Benmezian avait été condamnée à Anvers (nord) le 18 mai 2015 à cinq ans d’emprisonnement pour participation aux activités d’un groupe terroriste.

Sa soeur Rahma Benmezian, 31 ans, s’était également échappée d’un camp, selon une source proche du dossier. Elle avait elle aussi été condamnée à Anvers à cinq ans de prison, le 27 juin 2019.

Arrivées en Belgique par un vol régulier

Les deux femmes “sont arrivées à l’aéroport de Bruxelles” par “un vol régulier”, “accompagnées par des policiers”, a souligné le parquet.

“Le transfert n’a pas eu lieu dans le cadre d’une extradition judiciaire”, a-t-il précisé.

Les avocats des deux soeurs veulent les rencontrer au plus vite

Les avocats mandatés par la famille, Me Lahlali et Me Ozdemir souhaitent rencontrer leurs clientes le plus rapidement possible. “Nous verrons ainsi ce qu’elles souhaitent entreprendre, soit faire opposition, soit accepter le jugement”, a déclaré Me Lahlali.

Ce dernier se montre par ailleurs très critique sur la manière dont le retour en Belgique s’est effectué. “Cette situation montre que notre politique de sécurité a échoué. J’ai toujours plaidé pour un retour contrôlé, simplement pour nous éviter d’être confrontés à une influence politique étrangère. Le président turc prend une décision et nous paniquons. Si des personnes ont été condamnées ici, nous devons prendre notre responsabilité et leur faire purger leur peine ici.” Me Lahlali parle d’une “politique de l’autruche” de la Belgique et regrette que des mesures ne soient prises qu’en cas de situation irréversible. “Ce n’est pas non plus dans l’intérêt de mes clientes.”

L’avocat précise qu’il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les faits reprochés aux deux sœurs. “Mais nous sommes un État de droit. Nous devons laisser la justice et ses institutions faire leur travail.” Il s’efforce toutefois de leur offrir une assistance psychologique en raison de “la situation de stress problématique” qu’elles ont connue dans les camps kurdes, où elles auraient séjourné “dans des conditions inhumaines”. 

Des milliers de jihadistes détenus en Syrie

Actuellement, des milliers de jihadistes du groupe Etat islamique sont détenus par les forces kurdes en Syrie, parmi lesquels une cinquantaine de Belges d’après les chiffres officiels communiqués à Bruxelles.

Outre ces prisons, les forces kurdes administrent aussi des camps où sont retenus les proches des jihadistes, femmes et enfants notamment, de multiples nationalités.

Environ 800 personnes se sont évadées du camp d’Aïn Issa dans le sillage de l’offensive turque déclenchée le 9 octobre.

Malgré un accord russo-turc conclu le 22 octobre qui a mis fin à cette opération, les inquiétudes persistent sur l’avenir des jihadistes dans cette région.