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Les F-16 belges ont fini leur mission contre l'EI

UpdateLes six chasseurs-bombardiers F-16 belges qui ont participé aux opérations aériennes contre le groupe terroriste État islamique (EI) en Irak sont rentrés jeudi après-midi en Belgique après un vol direct en provenance de la Jordanie d'où ils ont opéré durant neuf mois dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, avec la perspective d'une reprise de la mission l'an prochain.

Ces appareils se sont posés, en deux vagues, de quatre puis de deux avions, sur la base aérienne de Florennes vers 14h15, a constaté l'agence Belga.

Les six pilotes ont été accueillis par le "patron" de la composante Air, le général-major Frederik Vansina, et des membres de leur famille. Mais la Défense a demandé à la presse de ne rien révéler de leur identité en raison des menaces qui pourraient peser sur les militaires impliqués dans les opérations contre l'EI (Daech en arabe) et leurs proches.

De même, les militaires n'ont fourni jeudi aucun bilan actualisé des opérations, laissant le soin au ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), d'en prendre connaissance avant de le communiquer à la commission parlementaire de suivi pour les opérations à l'étranger.

"La mission s'est très bien déroulée", a indiqué un pilote sous le couvert de l'anonymat, visage caché par la visière de son casque à l'issue d'un vol de quelques cinq heures ponctué de deux ravitaillements en vol par un KDC-10 néerlandais.

Il a expliqué que la situation sur place était "très dynamique", face à un ennemi - les djihadistes - "bien entraîné" et "utilisant des techniques adaptées aux nôtres". Les vols duraient en général de cinq à six heures, avec plusieurs ravitaillements en vol, a ajouté cet officier.

Le rythme des missions comprenant de la reconnaissance, un appui aérien aux troupes terrestres irakiennes et des frappes sur des objectifs pré-désignés changeait aussi souvent, en fonction des ordres provenant du centre de commandement aérien ("Combined Air Operations Center", CAOC) de la coalition, installé au Qatar.

Ce pilote, qui était chargé de coordonner les opérations du détachement belge (120 personnes environ), a lui-même effectué quelque 70 heures de vol au-dessus de l'Irak au cours des six dernières semaines.

Selon un bilan arrêté au début du mois de juin, le détachement belge a effectué 726 vols en 3.210 heures et procédé à 141 "engagements" (le largage d'une bombe sur un objectif au sol des djihadistes) uniquement en Irak, selon un bilan mis à jour jeudi dernier de cette opération, baptisée "Desert Falcon" (ODF).

"Sans causer de dommage collatéral", soulignent les militaires qui refusent de révéler - à la demande des autorités jordaniennes - le nom de la base de départ.

Selon des images précédemment diffusées par la Défense, les objectifs étaient notamment des pièces d'artillerie, un poste de commandement de Daech et une fabrique d'engins explosifs improvisés (IED en jargon militaire) près de Mossoul, la deuxième ville du pays située à 350 km au nord de la capitale, Bagdad.

La Belgique s'était jointe en septembre dernier à la coalition anti-EI rassemblée par Washington pour arrêter l'avancée fulgurante de Daech. Six F-16 avaient entamé début octobre des bombardements contre des positions des djihadistes - mais uniquement en Irak, en l'absence de mandat de l'ONU pour intervenir en Syrie. La mission a pris fin au bout de neuf mois faute de moyens budgétaires pour la poursuivre en vertu d'une décision prise à la fin de l'an dernier par le gouvernement.

La Belgique et les Pays-Bas envisagent toutefois un système d'alternance qui ferait que les forces aériennes des deux pays se relèveraient mutuellement au cours des trois prochaines années, mais avec fatalement un nombre moindre d'appareils.

Le scénario actuellement négocié entre Bruxelles et La Haye prévoit un retrait belge de l'opération fin juin - tout en conservant un nombre limité de personnes en Jordanie et au CAOC d'al-Udeid (Qatar) - et une prolongation de la mission néerlandaise - qui expire actuellement en octobre - jusqu'en juin 2016. Les Belges leur succèderaient alors.

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