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Les faits de toxicomanie ont augmenté de près de 50% en quatre ans à Charleroi

La toxicomanie est un problème de société de plus en plus récurrent. Il n’en va pas autrement à Charleroi. D’ailleurs, les autorités communales carolos veulent disposer d'une salle de ‘shoot’ pour lutter contre la visibilité de ce phénomène. À leurs yeux, elle permettrait également d’offrir aux toxicomanes un lieu sécurisé et des conditions hygiéniques.

658 faits de toxicomanie ont été recensés dans les communes de Charleroi en 2019. C’est pratiquement 50% en plus qu’en 2015 (449 faits). C’est le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette (PS), qui a livré les chiffres lors du dernier conseil communal. Si l’on se limite à la seule commune de Charleroi, 399 faits ont été totalisés en 2019 pour 284 en 2015. Ce qui représente une augmentation d'un peu plus de 35%. 

En ce qui concerne la détention de produits stupéfiants, la courbe est encore davantage à la hausse. Sur le même laps de temps, c’est un accroissement de plus de 92% qui a été constaté. Pour être précis, 141 faits de détention ont été répertoriés en 2015 pour 271 en 2019.

Il convient de préciser que les chiffres pour l’année 2019 ont été arrêtés au 5 décembre. De plus, ils peuvent être le reflet d’une activité accrue des services de police.

Contact permanent

Quoi qu’il en soit, la Ville de Charleroi est confrontée à un problème majeur. D’autant plus que certains drogués en viennent à ‘se piquer’ aux abords des écoles. Paul Magnette dit se rendre compte de la situation et a énuméré les initiatives prises pour éviter ces situations: “Dans le cadre de sa mission ‘Rue’, le Service APPUIS du CPAS porte une attention particulière aux lieux de la Ville dans lesquels se concentrent certains phénomènes liés à l’usage de drogues (deal, consommation, …). 

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L’équipe maintient un contact permanent avec les consomma­teurs de drogues

Paul Magnette, Bourgmestre de Charleroi

L’équipe maintient un contact permanent avec les consommateurs de drogues qui fréquentent ces lieux. Au travers de ce lien de confiance, elle diffuse continuellement des messages visant à les sensibiliser et les responsabiliser face aux nuisances que leurs pratiques génèrent.”

Seringues

Ensemble, l’ASBL Le Comptoir et le service APPUIS ont distribué 89.897 seringues en 2018. Dans le même temps, ils en ont récupéré 90.674. “Cette situation est remarquable pour 2 raisons : elle persiste dans le temps et d’autre part Charleroi fait, à ce titre, figure d’exception” précise Paul Magnette.

“Les travailleurs passent au minimum trois fois par semaine dans les lieux prioritaires. Par ailleurs, toujours en collaboration avec l’ASBL Le Comptoir, l’équipe effectue des opérations de ramassage avec des ‘volontaires’ c’est-à-dire des consommateurs de drogues actifs. Ce projet participe également à la sensibilisation et la responsabilisation des usagers.”

Toutefois, ces employés ne ramassent que les seringues abandonnées: “Une concertation est en cours afin qu’une vigilance accrue soit accordée au matériel connexe abandonné aux abords des écoles, afin d’en identifier le volume, d’étudier la faisabilité pour les travailleurs de rue de le récupérer.”

Concertation

Le bourgmestre de Charleroi ajoute que la concertation avec les personnes confrontées à ce fléau est de mise: “Les travailleurs de rue mettent également à profit leur expertise en matière de réduction des risques en proposant des formations destinées au personnel confronté à ce matériel. Ces formations permettraient à ce personnel d’être rassuré et d’acquérir les gestes adéquats pour le manipuler.

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Il s’agit dans ces cas d’apaiser les tensions entre les usagers de drogues et les riverains ou commerçants

Paul Magnette, Bourgmestre de Charleroi

En outre, le service APPUIS peut mettre à disposition le matériel spécifique dédié à la récupération de ces éléments usagés (box de récupération, pinces, …). Enfin, ces travailleurs effectuent régulièrement de la médiation (fonction de médiation) lorsque la situation le nécessite. Il s’agit dans ces cas d’apaiser les tensions entre usagers de drogues et les riverains ou commerçants confrontés au phénomène. Cette mission de médiation permet de favoriser la cohésion et le vivre ensemble dans les quartiers où se cristallisent les nuisances publiques liées à l’usage de drogues.”

Un Plan Drogues est aussi en passe d’être mis sur pied par le Centre Public d’Action Sociale: “ et outil a pour vocation de réunir des représentants des trois piliers impliqués dans les questions liées aux drogues: prévention, soin et répression.”

Quant à la salle de ‘shoot’, elle est toujours dans les cartons de la Ville de Charleroi. Mais “pour concrétiser ce dispositif, il faudrait apporter des modifications à la loi actuelle et s’assurer d’un financement spécifique” observe Paul Magnette.

Contact

En cas de besoin, les directions des écoles carolos confrontées à des problèmes de drogue peuvent contacter le service APPUIS au 071/30.31.87.