Les images insoutenables des supplices infligés à Valentin horrifient la cour

VideoL'audience a repris jeudi vers 17h45 devant la cour d'assises de Liège dans le cadre du procès de l'assassinat de Valentin Vermeesch en mars 2017. A 15h30, la salle a été fermée au public pour permettre la diffusion à huis clos des images d'une partie des sévices infligés à la victime par ses cinq bourreaux. Les avocats étaient visiblement choqués par les images qu'ils venaient de voir.

Plein écran
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Valentin avait été torturé, roué de coups, violé, brûlé, balancé au-dessus de la Meuse... avant d'être jeté vivant dans le fleuve, les mains menottées dans le dos, dans la nuit du 26 au 27 mars 2017. Alexandre Hart, Belinda Donnay, Loick Masson, Dorian Daniels et Killian Wilmet, les cinq accusés, avaient filmé une partie du calvaire infligé pendant toute une nuit.

"Paroxysme de l'horreur"
Me Wilmotte, avocat des parties civiles, avait réclamé mercredi que les vidéos soient visionnées à huis clos, ce qu'a ordonné la cour jeudi matin. Seuls les jurés, les avocats, les enquêteurs et les parties civiles pouvaient dès lors assister à la diffusion. Des images tellement insoutenables que Me Wilmotte se demande "comment nous allons dormir la nuit. On a atteint le paroxysme de l'horreur, je n'ai jamais vu ça. Je n'ai jamais assisté d'aussi près à des scènes d'une pareille cruauté", s'est-il exclamé une fois que l'audience a repris.

Amnésie collective
"Je ne me reconnais pas moi-même", a confié, la voix tremblante et visiblement marquée par la diffusion des images, Belinda Donnay, interrogée par la présidente de la cour. Celle-ci demande ensuite à Killian Wilmet s'il a filmé les scènes de coups infligés à Valentin. "Non", répond-il. "En êtes-vous sûrs parce que vous ne vous souvenez plus de grand-chose", a-t-elle ironiquement lancé, en référence aux nombreux "je sais pas" ou "j'ai oublié" lâchés pour répondre aux questions de la cour. "Ce que j'ai filmé, pour moi c'était marrant. (Les scènes de coups,) ce n'était pas marrant", a-t-il dit. Sur les images, on aperçoit notamment Valentin contraint de se masturber ou de s'enfoncer une bouteille dans l'anus.

"J'ai honte de moi"
"Je n'étais pas moi-même", avance aussi Dorian Daniels, interpellé par l'avocate générale, alors qu'il était affaissé, le regard rivé sur le sol. "J'ai honte de moi", admet-il quand il entend Valentin dire qu'ils sont ses meilleurs amis.

Masturbation imposée
Belinda Donnay a ensuite expliqué, questionnée par un juré, qu'elle avait considéré que cela allait trop loin "à partir des premiers coups, après tous les gages". "La masturbation, c'est ok alors pour vous?", lui demande la présidente. "A ce moment-là, oui mais maintenant que je me rends compte de tout ce qu'il s'est passé, non."

"C'est glaçant"
L'horreur des images a été soulignée également par les avocats de la défense. "Je n'ai jamais vu ça, je n'ai jamais imaginé ça. C'est glaçant", a déclaré Me Franchimont, qui défend Belinda Donnay. "J'ai été sous le choc et je le suis encore", a renchéri Me Rodeyns, conseil de Dorian Daniels.

Résister à l'émotion
Tous ont toutefois demandé aux membres du jury de laisser leur émotion de côté et de faire appel à leur raison pour rendre leur jugement. "Je préfère être à ma place, même dans ce dossier aussi tragique et dégueulasse, qu'à la vôtre", a admis Me Franchimont.

Alexandre Hart, le meneur?
Me Molders-Pierre, l'avocat d'Alexandre Hart a lui insisté sur le fait que son client reconnaissait les coups, les tortures, l'intention homicide et la préméditation. "Il prend ses responsabilités. Je peux vous le dire maintenant, vous allez condamner M. Hart pour toutes les préventions pour lesquelles il est poursuivi." Il a toutefois relevé qu'à son sens, les images démontraient que la thèse d'Alexandre Hart comme meneur du groupe ne tenait pas la route.

"On continue à mentir"
Ce qu'a suivi Me Wilmotte: "Manifestement, en ayant vu cette vidéo, nous pouvons tous constater que chacun des accusés est parfaitement libre de ses propos et de ses actes", a-t-il pointé. "Le plus terrible, c'est qu'après avoir vu tout ça, avec tout ce que l'on sait, deux années après, on continue à mentir, à fuir ses responsabilités sur les questions les plus gênantes. Ca, c'est inacceptable. Je ne sais plus, je ne me souviens pas, c'est effectivement ce à quoi vous avez droit, ce à quoi la famille de Valentin a droit", s'est-il indigné.

Me Mercier, qui défend Killian Wilmet, a tenu à préciser que son client "ne veut pas cacher la vérité mais a du mal à l'exprimer".

Audience suspendue
L'audience a été suspendue à 18h30. Elle reprendra, avec la poursuite du récit des enquêteurs et de la juge d'instruction, vendredi à 09h00.

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