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Des transmigrants à la gare de Bruxelles-Nord © Marc Baert

Les migrants de la gare du Nord évacués: quelque 140 places ont été trouvées pour les reloger

Même si le fédéral ne s’engage pas sur la création d’un centre d’accueil et d’orientation ressortant de sa responsabilité, les échanges des derniers jours et de vendredi démontrent qu’il y a moyen d’agir à la fois avec fermeté et humanité, a commenté le directeur de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (DéFI). Selon le cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS), le volet humanitaire de l’opération d’évacuation et de remise en ordre de la gare du Nord a été déterminant pour en fixer le moment. Quelque 140 places ont été trouvées par les acteurs sociaux pour reloger les migrants, selon plusieurs médias. 

Le déplacement des migrants en transit à la gare du Nord a commencé vendredi matin, a indiqué la ministre à l’Asile et la Migration, Maggie de Block (Open Vld). Les migrants sont redirigés vers des centres pour sans-abri à Bruxelles, où ils seront suivis par l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil). Ceux qui “ne saisiraient pas cette chance” et retourneraient vers la gare, seront conduits par la police en centre fermé, a précisé la ministre. 148 personnes ont pu être logées, 50 autres sont restées sans solutions d’hébergement, précisent la DH et la RTBF.

Selon le directeur de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek, interrogé vendredi matin, Schaerbeek avait été saisie d’un rapport médical alarmant, non pour les usagers, mais pour les personnes qui dorment à la gare. La ministre fédérale De Block a proposé de se mettre autour de la table. Depuis une dizaine de jours, la commune de Schaerbeek travaille avec les cabinets des ministres de l’Asile et de la Migration Maggie De Block et de l’Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), ainsi que du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) à la recherche d’une solution pour le Centre de Communication Nord.

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Le Samusocial et la Croix Rouge ont anticipé l’évacuation

Toujours d’après le directeur de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek, en raison de la situation sanitaire sur place, la zone de police de Bruxelles Nord avait prévu d’évacuer les personnes présentes vendredi à 11h00 pour permettre un nettoyage des lieux. Le Samusocial et la Croix Rouge ont anticipé ce moment en dirigeant les personnes présentes vers différentes localisations à l’extérieur de la gare.

Le directeur de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek n’a pas caché non plus que le timing des opérations pourrait avoir été influencé par l’arrestation, jeudi soir au poste frontière de Sterpenich, à la frontière avec le Luxembourg, de passeurs avec 35 migrants. Ces derniers n’ont quant à eux pas fait l’objet de poursuites.

Pas de lien entre les deux événements

Selon le cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS), il n’y a toutefois pas de lien entre les deux événements. En préparation depuis la fin du mois d’avril, le volet humanitaire de l’opération a été davantage déterminant pour en fixer le moment. Il importait de s’assurer que les personnes évacuées puissent bénéficier d’un toit temporaire. Celles-ci ont été dirigées vers trois sites mis à la disposition des organisations humanitaires (Samusocial, Croix Rouge...) par la Région bruxelloise, rue Royale (20h-8h), rue de Trêves (24h/24), et dans l’immeuble Blue Star (Evere), le tout en coordination notamment avec la commune de Schaerbeek.

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De son côté, le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem (CD&V) a fait état de l’union des efforts du fédéral, de la Région bruxelloise et de la commune pour “apporter une solution structurelle à la problématique humanitaire et sanitaire qui prend de l’ampleur”.

Selon M. De Crem, la police fédérale et des chemins de fer restera présente dans la gare du Nord pour “éviter un retour”.

Le hub humanitaire de la gare est quant à lui maintenu jusqu’au 25 mai, date fixée pour son déménagement. 

“Nous rendons la gare du Nord aux navetteurs et aux voyageurs”

Les migrants déplacés seront informés par Fedasil des procédures de retour volontaire et d’asile. La plupart d’entre eux n’ont en effet pas demandé l’asile en Belgique et espèrent poursuivre leur voyage vers le Royaume-Uni. Leur présence aux alentours de la gare du Nord est revenue au-devant de l’actualité après que la société de transport flamande De Lijn a annoncé que ses bus n’y feraient plus halte à cause de “l’insécurité qui y règne et du manque d’hygiène”.

“Nous rendons la gare du Nord aux navetteurs et aux voyageurs”, s’est félicitée vendredi matin Maggie De Block, qui ajoute qu’une gare ne constitue pas un centre d’accueil. “Les conditions y étaient inhumaines, tant pour les migrants que pour les usagers et les personnes qui travaillent à la gare.”

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Dans les centres pour sans-abri, “la priorité sera d’accompagner les personnes vulnérables comme les femmes seules, les familles avec enfants et les personnes qui nécessitent une aide médicale ou psychologique”. Les migrants qui opteront pour le retour volontaire ou l’introduction d’une demande d’asile seront pris en charge dans les infrastructures de Fedasil. 

Des migrants accueillis par le Samusocial, la Croix-Rouge et la Plateforme citoyenne

 Le Samusocial, la Croix-Rouge francophone de Belgique et la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés se sont accordés vendredi pour offrir ensemble une solution d’accueil aux migrants de la gare du Nord. Les trois organisations se sont concertées ces derniers jours pour créer des places supplémentaires et répondre à l’urgence humanitaire. 

L’un des centres, situé à Etterbeek, est géré par la Croix-Rouge francophone de Belgique et accueille depuis décembre des sans-abri. La période hivernale passée, il reste ouvert toute l’année. Une soixantaine de lits supplémentaires ont récemment été installés pour augmenter sa capacité d’accueil à 250 personnes et ainsi répondre à l’urgence humanitaire à la gare du Nord.

“De ces 60 places, 57 sont déjà occupées”, a indiqué Nancy Ferroni, porte-parole de la Croix-Rouge. “Le centre accueille à Bruxelles tous les sans-abri pour une durée d’un mois, 24h/24. Les résidents doivent s’engager dans un contrat d’aide sociale. S’ils désirent déposer une demande d’asile, nous les y aidons.”

De leur côté, le Samusocial et la Plateforme citoyenne proposent chacun une quarantaine de places supplémentaires, a précisé Mme Ferroni.

L’arrêt de la gare du Nord sera à nouveau desservi dès demain matin par la Stib

L’arrêt de bus situé dans la gare du Nord sera à nouveau desservi par les bus 61 et 20 de la Stib dès leur premier trajet samedi matin, annonce vendredi la porte-parole de la société de transport bruxellois. Du côté de De Lijn, on dit attendre le feu vert de la police, mais cet arrêt devrait être à nouveau marqué au cours du week-end. La société flamande se réjouit qu’une solution structurelle ait été trouvée.

La société flamande de transport avait décidé d’éviter l’arrêt de la gare du Nord début mai. Elle avançait une situation sanitaire intenable, liée à la présence de nombreux migrants. De Lijn avait dévié plusieurs lignes de bus, qui marquaient depuis l’arrêt près de la place Rogier.

La Stib, dont deux lignes s’arrêtent habituellement au niveau -1 de la gare du Nord, lui avait emboîté le pas. Les lignes n’avaient cependant pas été déviées et l’arrêt était toujours marqué à la gare du Nord, mais à l’extérieur du bâtiment.

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