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Les organisations juives condamnent le rapport d’Unia sur le char caricaturant des juifs orthodoxes à Alost

Le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) a condamné jeudi les conclusion d'Unia à propos du char caricaturant des juifs orthodoxes lors de la dernière édition du carnaval d'Alost. Selon lui, le centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme perd sa crédibilité aux yeux de certaines populations qu'il entend pourtant défendre.

"Le CCOJB ne peut que déplorer les conséquences désastreuses du Carnaval: la diffusion massive (directement et indirectement) de préjugés antisémites extrêmement chargés (nez crochus, contrôle de l'économie et des banques, ...). Est-ce ceci que nous voulons montrer à nos enfants? Ceci rappelle les chants haineux, racistes, homophobes entonnés dans les stades de football, sous couvert de folklore. La teneur du plus récent communiqué d'Unia nous laisse donc perplexes", déclare le CCOJB.

Le Comité s'étonne de la prise de position belge alors que des organisations comme la Commission européenne et l'UNESCO, qui a inscrit le carnaval au patrimoine de l'humanité, ont pointé du doigt les dérives de cette manifestation folklorique.

"S'agit-il pour Unia de faire la leçon à l'UNESCO et à d'autres pour rendre acceptables des dérives dénoncées comme antisémites par les victimes elles-même? " demande le CCOJB.

Pas d’incitation consciente à la haine, à la discrimination ou à la violence contre les juifs selon Unia

"Unia n'a pas vocation à se substituer aux victimes de discriminations, ni à donner blanc-seing juridiquement et moralement pour qu'une situation malheureuse se répète ou empire. Ce faisant, et probablement malgré elle, cette institution se décrédibilise violemment aux yeux de certaines populations qu'elle entend défendre. Nous prendrons contact avec les acteurs concernés pour exprimer notre position", souligne le président, Yohan Benizri.

Selon le rapport d'Unia, "certainement dans le contexte très spécifique du carnaval", il n'y avait pas d'incitation consciente à la haine, à la discrimination ou à la violence contre les juifs. En outre, les idées racistes n'ont pas été délibérément diffusées et il n'était pas question d'insulter volontairement les individus. Par ailleurs, les carnavalistes n'ont pas violé la loi sur le négationnisme. Le char ne faisait aucune référence au nazisme ou à la Shoah, dit le rapport.