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Les parents de Valentin: “Il ne voyait pas le mal et cherchait l'amitié”

Mise à jourDeux journées ont été consacrées aux auditions des témoins de moralité de Valentin Vermeesch devant la cour d’assises de Liège, au procès des cinq accusés de son assassinat.

Les parents de Valentin Vermeesch ont témoigné mardi matin devant la cour d'assises de Liège au procès des cinq accusés de son assassinat. Ils ont décrit leur enfant comme un garçon gentil et serviable. Valentin Vermeesch était aussi vulnérable car il cherchait l'amitié et ne voyait pas le mal chez les autres.

Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d'un léger handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il avait subi une très longue scène de violences et de tortures avant d'être précipité dans la Meuse, où il s'était noyé, les mains menottées dans le dos.

Les parents de Valentin Vermeesch ont témoigné ensemble devant le jury, encadrés des assistantes sociales. Madeleine Drozdzowski (43 ans) et Laurent Vermeesch (40 ans) ont tenté d'expliquer l'enfance difficile de Valentin, né dans un milieu défavorisé. La famille avait été encadrée par les services sociaux et Valentin a été pris en charge par le SPJ (service de protection de la jeunesse). Ce jeune garçon était né d'une relation éphémère entre sa mère et un père biologique. Laurent Vermeesch l'avait reconnu au début des années 2010.

L’enquête de moralité réalisée sur la victime a démontré que Valentin Vermeesch était un garçon gentil, joyeux et serviable. Mais il était une proie facile et vulnérable car il ne se posait jamais de question sur les qualités des personnes qu’il fréquentait et ne voyait pas le mal chez les autres. Personnage candide, en recherche permanente d’affection, il cherchait l’amitié des gens qu’il rencontrait et il voulait faire partie d’un groupe d’amis pour effacer son sentiment d’être différent. “Valentin n’avait pas de haine ou de colère. Il avait juste de l’amour à donner. Il était d’une grande fraîcheur”, a indiqué son oncle lors de son témoignage devant la cour d’assises.

Le père officiel de Valentin Vermeesch a exposé qu'il n'était pas un enfant facile à gérer dans son comportement et ses réactions. Mais il était gentil et serviable. Ce père avait plus d'autorité que la mère pour faire l'éducation de Valentin. Le jeune garçon adorait son vélo, avec lequel il parcourait les rues de Huy. Mais il était aussi passionné de mécanique moto et passait de longues heures chez le garagiste voisin de ses parents.

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Valentin Vermeesch © DR

Le côté vulnérable de Valentin Vermeesch a également été évoqué lors de ce témoignage. "Il avait un retard mental mais il se débrouillait très bien. Pour lui, tout était beau, tout était rose. Cela coulait de source. Il ne percevait pas le mal. Pour se faire reconnaître et avoir de l'amitié, il aurait pu se laisser entraîner et commettre certains faits. Mais il n'était pas un meneur. Très généreux, il aurait donné tout ce qu'il avait. Il était très influençable", a précisé le père.

Surnommé “Tino”, Valentin bénéficiait d’une grande affection de la part de ses grands-parents. Il a été placé par le SPJ et scolarisé dans différentes institutions spécialisées. Mais il souffrait d’un vrai handicap social. Il était un “enfant sauvage”, difficile à canaliser et peu pudique.

Il voulait fonder une famille

 Valentin Vermeesch envisageait de travailler dans le domaine de la mécanique ou de la carrosserie. Mais il n’aimait pas l’école et il occupait son temps à se balader dans les rues de Huy avec son vélo. Il adorait cette activité. Valentin Vermeesch trouvait ses repères auprès de ses parents ou de ses grands-parents. Mais c’est envers sa grand-mère qu’il avait la plus grande affection et qu’il entretenait les liens les plus serrés.

Valentin Vermeesch avait aussi le projet de fonder une famille. “Lorsqu’il évoquait sa vie amoureuse, il citait souvent le nom d’une certaine Vivi. Il avait envie de fonder une famille et de rencontrer une compagne”, a expliqué un voisin de ses parents. HCA/

Le père a également rapporté que Valentin Vermeesch avait été ciblé par une agression qui avait entraîné le dépôt d'une plainte. Un Albanais avait placé son couteau sous la gorge de Valentin pour l'obliger à céder ses cigarettes. À cette occasion, Valentin aurait aussi été forcé de pratiquer un acte sexuel.

Une autre plainte avait été déposée pour l'agression commise par Philippe C. et Alexandre Hart sur Valentin en janvier 2016. "Ce jour-là, il était revenu avec une quinzaine d'impact de fusil à air comprimé. Il avait aussi différents coups au visage. En évoquant ces faits, Alexandre Hart s'était présenté comme un sauveur, soutenant que c'était lui qui avait défait ses liens lorsqu'il avait été attaché", a dénoncé le père.

La mère de Valentin Vermeesch a peu pris la parole devant le jury. Elle a dénoncé le fait que, après sa disparition, Alexandre Hart l'avait contactée pour tenter de la rassurer et pour faire croire qu'il avait lancé des recherches.

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“Valentin n’aimait pas beaucoup l’école mais il était joyeux”

Les membres de la famille de Valentin Vermeesch ont témoigné mardi devant la cour d’assises de Liège au procès des cinq accusés de son assassinat. L’enquête de moralité a révélé que Valentin avait principalement été éduqué par ses grands-parents. Il les appréciait et obtenait beaucoup d’affection de leur part. Né dans une famille socialement défavorisée, Valentin Vermeesch bénéficiait d’une grande affection de la part de ses grands-parents. Après avoir été longtemps placé chez eux par le SPJ, c’est toujours chez eux qu’il revenait régulièrement et qu’il trouvait de l’aide et de l’affection.

“Il se baladait souvent dans les rues de Huy avec son vélo, qu’il adorait. Tout le monde le connaissait à Huy. Mais il revenait très souvent chez nous et il arrivait à n’importe quelle heure pour loger. Sa grand-mère s’occupait beaucoup de lui. Il était un garçon qui n’aimait pas beaucoup l’école mais il était joyeux. Il aimait jouer et rire”, a précisé Pierre Drozdzowski, le grand-père.

La grand-mère de Valentin anéantie

Valentin Vermeesch avait une relation privilégiée avec sa grand-mère qui l’avait élevé et beaucoup aidé. Le décès de Valentin a laissé des séquelles très importantes chez cette dame. “Elle croit encore le voir partout. Elle crie après lui et elle pense qu’il n’est pas mort. Elle pleure tous les jours. Valentin aimait ses parents mais il avait une affection plus particulière encore pour sa grand-mère. Chez elle, il avait une chambre et un vrai lit”, a précisé le grand-père.

Un oncle de Valentin a dénoncé le manque de moyens offerts par les services sociaux ou la justice pour encadrer cet enfant durant sa vie. “Depuis sa naissance, il aurait pu être mieux encadré. On n’a pas donné aux parents les moyens pour qu’il soit protégé. La mère n’a pas su faire l’éducation de son fils.”

Valentin Vermeesch a encore été décrit comme un garçon gentil mais qui avait la mentalité d’un enfant de 8 ans et qui fréquentait de mauvaises personnes. Il était une proie facile et vulnérable car il ne se posait pas de question sur les gens qu’il fréquentait. “Il ne voyait pas le mal”, a précisé cet oncle.

“Certains ont décrit Valentin comme un mongol”

Gabriel Drozdzowski, un autre oncle de Valentin Vermeesch, a déploré l’image simpliste qui a été décrite de la victime. “Certains l’ont décrit comme un mongol. Mais ce sont les accusés les gens anormaux. Ils ont pris sa vie et de dignité. Valentin n’avait pas de haine ou de colère. Il avait juste de l’amour à donner. Il était d’une grande fraîcheur. Candide, il recherchait l’affection. Sa constante recherche était d’être comme les autres, ce qui explique qu’il pouvait facilement se montrer familier. Il cherchait à être comme tout le monde et à faire partie d’un groupe d’amis”, a annoncé ce témoin, partie civile au procès.

Une commerçante hutoise a rapporté qu’elle avait fait la connaissance de Valentin Vermeesch parce qu’il venait régulièrement s’assoir à proximité de son commerce dans le centre commercial du Batta. “C’était un garçon qui faisait penser à un oiseau blessé. Il était très sensible mais il était heureux quand on parlait avec lui”, a indiqué cette dame. 

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