Les pays de l'UE veulent des formules pour stabiliser le marché du lait

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont "invité la Commission européenne à présenter d'ici deux mois une analyse approfondie du marché" laitier, selon un projet de conclusions qui doit être entériné vendredi.

Promesse de Merkel
Dans son analyse, la Commission devra notamment indiquer "les formules possibles pour stabiliser le marché des produits laitiers".

Cet amendement aux conclusions du sommet européen a été ajouté à la demande de la chancelière allemande Angela Merkel, qui l'avait promis aux producteurs de son pays, gravement touchés par les baisses de prix. Il vise aussi à apporter un début de réponse aux centaines d'agriculteurs issus de plusieurs autres pays de l'UE qui manifestent bruyamment depuis jeudi dans le quartier européen de Bruxelles.

Quotas laitiers
La commissaire à l'Agriculture, la Danoise Mariann Fischer-Boel, devra donc se pencher à nouveau sur le problème du lait, mais il n'est pas certain qu'elle présentera des mesures très novatrices. En dépit de la pression croissante des agriculteurs depuis des mois, elle a jusqu'à présent refusé de rétablir les quotas laitiers.

Ces quotas ont été mis en place dans les années 1980 pour stabiliser la production et les prix, mais les Etats membres ont décidé en 2003, dans le cadre d'une large réforme de la PAC, de les démanteler progressivement. Ils doivent disparaître totalement en 2015.

Baisse de la demande liée à la crise économique
D'après la Commission, ce relèvement progressif des quotas n'est pas à l'origine de la baisse des prix constatée actuellement, puisque la production n'a pas augmenté. Elle aurait même baissé de 0,5% l'an dernier. La véritable explication serait une baisse de la demande liée à la crise économique, ainsi que les exportations massives de la Nouvelle-Zélande.

Mariann Fischer-Boel croit que la demande de produits laitiers explosera à plus long terme, en particulier sur les marchés mondiaux, et que les producteurs européens doivent pouvoir produire plus pour profiter de ces débouchés. Elle est soutenue par les pays où le secteur laitier est compétitif et apte à résister à la concurrence mondiale, comme le Danemark, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Le Boerenbond pas associé aux manifestations
La Belgique est divisée: si les agriculteurs wallons réclament le rétablissement des quotas, ce n'est pas le cas de la Flandre, où le Boerenbond ne s'est pas associé aux manifestations.

Dans ce contexte, la Commission a déjà pris un certain nombre d'autres décisions, comme des subventions pour le stockage ou l'accélération de certains paiements. Elle devra sans doute présenter des mesures plus déterminées pour aider les producteurs en difficulté, mais il est difficile d'imaginer qu'elle changera complètement sa ligne. (belga/th)