Le vendredi 13 mars, de nombreux jeunes (et moins jeunes) se sont rassemblés une dernière fois dans les bars du pays (comme ici à Bruxelles) avant leur fermeture, initialement prévue pour trois semaines.
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Le vendredi 13 mars, de nombreux jeunes (et moins jeunes) se sont rassemblés une dernière fois dans les bars du pays (comme ici à Bruxelles) avant leur fermeture, initialement prévue pour trois semaines. © BELGA

Les remords d’un lockdown fêtard: “J’ai honte”

Un jeune homme qui avait fait la fête la veille de l’entrée en vigueur des premières mesures contre la propagation du coronavirus a exprimé ses regrets à la télévision publique flamande. “Honteux,” il avoue ne pas avoir saisi la gravité de la situation à l’époque mais affirme respecter scrupuleusement les consignes depuis lors.

Le vendredi 13 mars, de nombreux jeunes (et moins jeunes) se sont rassemblés une dernière fois dans les bars du pays avant leur fermeture, initialement prévue pour trois semaines. C'est le cas d’un jeune homme de 24 ans d’Alost, qui a été filmé par une équipe de la VRT venue faire un reportage dans la ville ce soir-là.

Un vendredi 13 dont le jeune homme, qui souhaite rester anonyme, se souviendra longtemps. Un mauvais souvenir puisque les images le montrant en train de faire la fête ont circulé en boucle dans les médias. C’est pourquoi il a contacté la rédaction de nos confrères de la télévision publique flamande afin de leur demander de ne plus apparaître sur ces images. 

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“Nous n’avions pas réalisé qu’en profitant de la vie, l’on priverait d’autres personnes de la leur”

Un jeune Alostois qui avait participé à une “lockdown party”

Dans son courriel, il affirme regretter son geste et parle au nom de la jeunesse alostoise quand il dit avoir honte de ce qu’il s'est passé ce soir-là. Ses amis et lui, comme de nombreux jeunes en Belgique, n’avaient manifestement pas saisi la gravité de la situation à l’époque. “Nous n’avions pas réalisé qu’en profitant de la vie, l’on priverait d’autres personnes de la leur”, écrit le jeune Alostois. “Et maintenant, ça me fait mal, je dois bien l’admettre”, avoue-t-il.

“Le gouvernement a envoyé un mauvais signal”

Près de trois semaines plus tard, ce fêtard repenti ne comprend pas pourquoi les mesures susmentionnées n’ont pas été effectives directement après avoir été annoncées lors de la fameuse conférence de presse du jeudi 12 mars. Selon lui, le gouvernement a ainsi envoyé un mauvais signal à la population. D’autant plus que ce même gouvernement minimisait encore la gravité du virus quelques jours plus tôt. Néanmoins, il concède que la Belgique est loin d’être le seul pays à ne pas avoir directement pris le risque au sérieux. Il pointe un “problème occidental”, où l’on a tendance à trop relativiser les choses. “Nous nous sommes tous trompés à ce sujet”, constate-t-il.

Il l'assure: les jeunes d’Alost respectent désormais scrupuleusement les consignes de confinement. “Nous restons dans notre chambre depuis deux semaines et nous respectons les mesures parce que la situation est effectivement dramatique, et nous en sommes conscients. C’est pourquoi nous ne voulons plus figurer sur ces images et être considérés comme des jeunes stupides.”

Netflix Party

Rester confiné chez soi n'est pas chose aisée, surtout pour les jeunes, admet-il. Ainsi, comme tout le monde, il s’occupe comme il peut chez lui, se promène à pied ou à vélo avec sa petite amie. Il explique aussi regarder des films avec ses amis à distance sur Netflix. En effet, la plateforme de streaming permet depuis peu de commenter les séries et films en groupe via une extension.

Pour autant, le jeune homme continue à boire une bière avec ses amis le vendredi soir, mais uniquement par visioconférence! C'est beau, la technologie...

“Je retiens mon souffle quand je croise quelqu’un”

Enfin, s’il ne craint pas la maladie outre mesure, il a néanmoins peur de contaminer sa mère, avec qui il vit. “Bien sûr, je ne l’ai pas touchée depuis deux semaines, mais je vois que ça lui fait mal. Il en va de même pour les personnes que je rencontre dans la rue et dans les magasins. Je retiens mon souffle quand je croise quelqu’un. Je garde autant de distance que possible.”