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Sophie E., CEO of Stero © Belga

Les responsables de Sterop acquittées pour trafic de drogue

Rita L. et sa fille Sophie E., les dirigeantes des sociétés pharmaceutiques Sterop et Sterop Overseas, ont été acquittées mardi par la cour d'appel de Bruxelles pour trafic de drogue et infractions à la législation sur les médicaments.

Le parquet fédéral avait requis en juin quatre ans de prison à l'encontre des deux femmes pour avoir fourni des pilules d'éphédrine au Mexique, où elles auraient été utilisées pour la confection de méthamphétamine. Elles se seraient également rendues coupables de commerce de médicaments contrefaits.

La cour d'appel n'a toutefois pas pu prouver que les deux prévenues avaient violé la loi.

Selon le parquet, Sterop et Sterop Overseas ont fourni, en 2007 et 2008, alors que c'était interdit, 15 chargements des pilules d'éphédrine et pseudo-éphédrine au Mexique, bon pour la fabrication de 78.589.000 tablettes d'éphédrine ou plus de 4,5 tonnes d'éphédrine pure.

Sterop et Sterop Overseas détenaient les déclarations d'exportation pour l'éphédrine et la pseudoéphédrine mais les dirigeantes devaient savoir qu'elles expireraient avec la nouvelle législation, explique le parquet. Rita L. et Sophie E. savaient en outre que ces pilules allaient être utilisées pour fabriquer de la méthamphétamine, ajoute-t-il.

Sophie E. et Rita L. se seraient également rendues coupables de commerce de contrefaçons, en important des médicaments chinois qui ont ensuite été conditionnés avec un emballage de Sterop et envoyés en Libye.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles avait condamné les deux femmes à des peines de prison de deux et trois ans avec sursis en février dernier mais la cour d'appel a totalement annulé ce jugement.

Rita L. a été acquittée de toutes les préventions tandis que Sophie E. a bénéficié d'une simple déclaration de culpabilité pour une accusation mineure en lien avec l'étiquetage des médicaments. Elle a été acquittée des autres préventions.

"Un cas d'école"
Seule Rita L. était présente à l'audience. "Dix ans que cela dure", a-t-elle souligné, submergée par l'émotion, après la lecture de l'arrêt. "Dix ans que nous craignons pour notre entreprise et les 100 personnes que nous employons. Notre licence d'exportation en dehors de l'Europe nous a été retirée, nous avons eu des amendes, et maintenant il a finalement été prouvé que tout était faux."

Me Sven Mary s'est dit satisfait de l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles. "Avec cet arrêt, c'est le droit qui est appliqué pour ces personnes et leurs 140 employés", a souligné l'avocat pénaliste.

"Ce dossier est un cas d'école qui démontre comment le discours contradictoire devait être mené. Je remercie la cour d'avoir pris le temps d'écouter l'argumentation complexe dans cette affaire, qui a conduit à des insinuations erronées du parquet fédéral."