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Les télés locales se joignent au combat contre la réorganisation des chaînes de Proximus

La Fédération des télévisions locales se joint au combat initié la semaine dernière par BX1 contre Proximus et sa réorganisation des chaînes. Elle avertit mercredi qu'elle entend "faire respecter, par toutes les voies de droit", le décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui garantit aux télévisions locales d'être placées parmi les quinze premières chaînes dans leur zone de couverture.

La chaîne de télévision bruxelloise BX1 avait mis en demeure la semaine dernière l'opérateur télécom, contestant sa réorganisation des chaînes, qui la fait passer de la 25e à la 160e place. Or les télévisions locales francophones sont désormais placées entre les numéros 160 et 171. Proximus a ainsi ignoré l'opposition des télévisions locales, "la mise en demeure de BX1 et les prescrits légaux", dénonce Alain Mager, président de la Fédération des télévisions locales.

Aux yeux des chaînes régionales, Proximus ne respecte pas le décret sur les services de médias audiovisuels (SMA) qui impose que les télévisions locales soient positionnées, dans leur zone de couverture, parmi les quinze premières positions de l'offre de base des distributeurs. Ce décret, adopté en juin 2018, ne sera d'application que l'an prochain.

La numérotation au cœur des débats

L'opérateur n'est donc pas (encore) en infraction mais, pour les télévisions locales, il est inconcevable "de subir un changement de numérotation à présent et un autre dans les prochains mois". En outre, les téléspectateurs regardent rarement les chaînes placées dans les numéros à trois chiffres et "seuls 20% les reprogramment en leur attribuant un nouveau numéro qui leur est personnel", souligne M. Mager. Ce changement signifierait donc moins d'audience et moins de recettes publicitaires, "un préjudice grave".

Il n'est pas acceptable que Proximus, devenu incontournable sur le marché et qui est "une entreprise publique autonome, dont l'actionnariat est majoritairement public, menace pour des raisons mercantiles l'existence de télévisions de service public, tout en privilégiant des offres commerciales ou ses propres chaînes", conclut-il.