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Bruno Dayez, avocat de Marc Dutroux, plaide depuis longtemps pour que le débat ne soit plus tabou © AFP

Libération de Dutroux: “N’en déplaise à certains, les détenus sont des personnes”

Marc Dutroux comparaîtra jeudi matin devant le tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles, qui siégera à huis clos à la prison de Nivelles. L'audience sera consacrée à l'examen de la demande des avocats du détenu, qui souhaitent qu'une nouvelle expertise psychiatrique de leur client soit réalisée. Jean Lambreckx, le père d’Eefje, déplore un manque de respect envers les victimes.

La requête s'inscrit dans la constitution d'un dossier pour appuyer prochainement une demande de libération conditionnelle de Marc Dutroux. Ce dernier, âgé aujourd'hui de 62 ans, est en détention depuis 23 ans. Il avait été condamné en 2004 à la réclusion à perpétuité pour avoir enlevé et séquestré six fillettes et jeunes filles en 1995 et 1996 et avoir abusé sexuellement d'elles, ainsi que pour avoir tué quatre des victimes.

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Julie et Melissa restent particulièrement présentes dans le cœur des Belges © photo_news

Le TAP de Bruxelles examinera jeudi matin la demande, formulée par la défense de Marc Dutroux, de désigner un collège de cinq experts psychiatres pour évaluer son état mental actuel et ainsi le risque de récidive dans son chef. Le tribunal rendra ensuite une décision dans les deux semaines à venir. 

“Nos prisons sont des mouroirs”

Les avocats de Marc Dutroux, Me Bruno Dayez et Me Nicolas Cohen, comptent ensuite introduire, sur base entre autres de cette éventuelle nouvelle expertise et des résultats de celle-ci, une demande de libération conditionnelle de leur client. Ils ont affirmé espérer l'obtenir en 2021.

"Nos prisons sont des mouroirs", a récemment déclaré Me Dayez. "Or, n'en déplaise à certains, les détenus sont des personnes. Tant qu'ils ne seront pas traités comme tels, il n'y aura aucun bienfait à escompter de leur mise à l'écart, forcément momentanée. (...) Au-delà d'un certain nombre d'années, la punition me paraît énorme et excessive à l'aune d'une vie humaine", a-t-il dit, considérant que la peine de prison à perpétuité devrait être bannie du code pénal.

Me Georges-Henri Beauthier, qui représente une victime et le père d'une victime de Marc Dutroux, a quant à lui dénoncé la "place minime qui est réservée" à ses clients dans les débats devant le TAP, notamment "l'impossibilité de prendre connaissance du dossier avant l'audience et d'assister à l'entièreté de celle-ci".

Jeudi, le TAP de Bruxelles sera composé de cinq juges, comme le requiert la loi lorsqu'il s'agit d'examiner les cas de détenus condamnés à 30 ans d'emprisonnement ou plus. Le TAP devra également délibérer à l'unanimité.
Marc Dutroux avait déjà comparu une première fois devant le TAP, en 2013, où il avait présenté un plan de reclassement estimé non réaliste.

Psychopathe

Cet homme qui est présenté comme le détenu le plus haï de Belgique a été condamné le 22 juin 2004 à la réclusion à perpétuité et à 10 ans de mise à disposition du gouvernement (aujourd'hui appelée mise à disposition du tribunal de l'application des peines). Il a été reconnu coupable, entre autres, d'être dirigeant d'une association de malfaiteurs, d'avoir enlevé et séquestré six jeunes filles portées disparues - Julie, Mélissa, An, Eefje, Sabine et Laëtitia - et d'avoir commis des abus sexuels sur celles-ci. Il a également été déclaré coupable d'avoir tué les quatre premières. 

Lors du procès, les experts psychiatres qui l'avaient examiné l'ont décrit comme un psychopathe, une personne incapable d'éprouver de l'amitié ou de l'amour, insensible, narcissique et sans remords.

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Marc Dutroux avait été condamné en 2004 à la perpétuité pour l'enlèvement, la séquestration et le viol de six fillettes et adolescentes, ainsi que la mort de quatre d'entre elles. © belga

La femme de Marc Dutroux, Michèle Martin, a quant à elle été condamnée à 30 ans de prison pour avoir été membre de l'association de malfaiteurs et pour complicité dans les enlèvements et séquestrations des jeunes filles, avec la circonstance aggravante d'avoir provoqué la mort de deux d'entre elles, Julie et Mélissa. En août 2012, elle a été libérée sous conditions.

Le précédent du cas Lelièvre

Michel Lelièvre a quant à lui été condamné pour avoir été membre de l'association de malfaiteurs et pour complicité dans les enlèvements et séquestrations des enfants à une peine de vingt-cinq ans de prison. Le 30 septembre dernier, le TAP de Bruxelles lui a accordé la libération sous certaines conditions, notamment celle de trouver un logement dans les six mois.

Dans le cadre du procès Dutroux, Michel Nihoul a également été condamné. Il a écopé de cinq ans de prison pour avoir été membre de l'association de malfaiteurs et avoir participé à un trafic de drogue. Mais il a été acquitté de complicité dans les enlèvements et les séquestrations d'enfants. Il a bénéficié d'une remise en liberté conditionnelle en avril 2005.

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Lors du procès, les experts psychiatres qui l'avaient examiné l'ont décrit comme un psychopathe, une personne incapable d'éprouver de l'amitié ou de l'amour, insensible, narcissique et sans remords © AFP
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