Liège: les Verts dénoncent la taxe sur la seconde résidence qui touche les étudiants

Vert Ardent n’est pas d’accord avec l’idée du bourgmestre de Liège de taxer les étudiants koteurs. Pour eux, d’autres moyens sont possibles pour augmenter les recettes liées au logement, et il n’est pas nécessaire d’enfoncer des étudiants qui connaissent, parfois, la précarité.

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Le cabinet du bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, a récemment dénoncé le fait que les étudiants étrangers à la ville et vivant en kot ne contribuaient pas aux finances de la Ville. Selon une étude de HEC Consulting Group, publiée en août 2018, seuls 10% des étudiants koteurs sont domiciliés en Cité ardente. Mais là où le bât blesse, c’est que l’entièreté des étudiants vivants sur le territoire bénéficie des services de la Ville. Ce qui représente un véritable manque à gagner pour la Ville.

Afin de contrer cette situation, la Ville veut appliquer une taxe sur la seconde résidence qui concerne certains koteurs. Une procédure que Laura Goffart, conseillère communale Vert Ardent, estime être une “chasse aux sorcières”. Pour les Verts, le bourgmestre PS se trompe de cible. 

La précarité étudiante est un véritable problème

“Cette taxe touche tous les étudiants kotteurs de la même façon, quels que soient les revenus de leurs parents. Elle ne tient donc pas compte des réalités socio-économiques extrêmement différentes des étudiants qui kottent à Liège”, dénonce la conseillère communale. “En outre, dans une maison en colocation, chaque membre de la colocation devrait s’acquitter de cette taxe, là où une famille ne la paierait qu’une fois.”

Cette taxation augmenterait la part des ressources financières des étudiants allouée au logement, alors qu’elle est déjà leur dépense la plus importante. Une augmentation qui risque d’ailleurs d’accroître la précarité étudiante, alors même que la Fédération des Étudiants francophones (FEF) mène une campagne pour dénoncer cette réalité. “L’aggravation de la précarité étudiante se traduit par exemple dans l’explosion des demandes d’aides sociales soumises au CPAS. Beaucoup d’étudiants doivent déjà travailler pour subvenir à leurs besoins, certains devraient encore plus le faire pour couvrir cette taxe qui s’élèverait à 400€ par an”, explique Laura Goffart.

Trouver des solutions de logement

Selon la conseillère Vert Ardent, d’autres moyens sont possibles pour augmenter les recettes liées au logement. Notamment en appliquant le règlement d’urbanisme et en vérifiant le partage des logements, ou en appliquant le règlement de police pour lutter contre les marchands de sommeil. Pour les Verts, il faudrait aussi lutter contre la discrimination au logement et contre les logements vides.

“La Ville ne devrait pas prendre pour cible les étudiants, alors même que le problème ne vient souvent pas d’eux. Il suffit de faire un petit coup de sonde sur les annonces immobilières pour voir apparaître les mentions “pas de domiciliation”, qui réservent de facto de tels logements illégaux, puisque souvent non-déclarés, aux étudiants”, conclut Laura Goffart.

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