Plein écran
Illustration Falcon 7X. © Creative Commons N509FZ

Location des Falcon 7X: la Défense va motiver son choix

Le ministère de la Défense n'a pas mis fin de manière brutale au contrat de location de deux avions d'affaires haut de gamme - des Falcon 7X du groupe français Dassault pour le transport de hautes personnalités - mais a l'intention de "rédiger une nouvelle décision motivée d'attribution, plus détaillée", ce qui suspend une procédure de recours au Conseil d'État, a-t-il annoncé mercredi.

Cette nouvelle décision motivée "confirmera le choix fait (le 6 septembre) par le Conseil des ministres d'attribuer ce marché à la société ABELAG" Aviation, de préférence à la proposition faite par le courtier français Avico allié à l'entreprise belge FLYINGGROUP, a précisé la Défense dans une déclaration à l'agence Belga, nuançant des informations publiées par les journaux L'Écho et De Tijd.

Le soumissionnaire non retenu, Avico/FLYINGGROUP (cette dernière société étant basée à Anvers), a déposé un recours en suspension et annulation de la décision motivée d'attribution, qui devait être examiné vendredi par le Conseil d'État. Il estimait que l'attribution du contrat était entachée d'irrégularités. La Défense a admis mercredi que ce recours empêche la notification officielle de l'attribution du contrat.

Mais, "afin de mieux expliquer aux soumissionnaires non retenus les raisons qui soutiennent le choix effectué, la Défense a l'intention de retirer sa décision motivée d'attribution et d'en rédiger une nouvelle plus détaillée qui sera soumise au ministre de la Défense, puis sera portée à la connaissance de tous les soumissionnaires. Celle-ci confirmera la décision prise par le Conseil des ministres en faveur de la société Abelag", précise la déclaration.
Un spécialiste du dossier a expliqué que l'audience du Conseil d'État était dès lors reportée "sine die".

Ce contrat, d'un montant de 124 millions d'euros sur douze ans, porte sur la location en "dry lease" - c'est à dire les avions seuls, sans équipage, qui resteront militaires - de deux Falcon 7X, selon le ministre de la Défense, Didier Reynders (MR).

Il doit permettre à la Défense d'épargner une quarantaine de millions d'euros sur cette période de douze ans, soit quatre millions par an, avait expliqué M. Reynders à l'agence Belga. Le contrat pour ces "Long Range Jets" (LRJ) équipés de seize sièges et dotés d'un rayon d'action transatlantique comprend également une série de services qui sont actuellement fournis dans le cadre de divers contrats comme la formation, l'infrastructure, l'affrètement de gros avions.

Les Falcon 7X doivent remplacer la "flotte blanche" - utilisée par la 21e escadrille du 15e wing de transport aérien de Melsbroek, par opposition aux avions de transport tactique, comme les C-130 Hercules. Ces avions servent aux déplacements de hautes personnalités (la famille royale, des membres du gouvernement, des responsables militaires, voire des responsables de l'Union européenne et de l'Otan).

Depuis le retrait du service de trois avions de Dassault, deux Mystère 20 E5 à huit places en janvier 2015 puis en décembre 2016 et un unique Falcon 900B, la flotte blanche ne compte plus que quatre "jets régionaux" Embraer - deux ERJ-135 (37 sièges) et deux ERJ 145 (50 sièges), en service depuis 2001.

La Falcon 900B, capable d'accueillir une dizaine de passagers, est cloué au sol depuis plusieurs mois et semble difficile à réparer. Il n'est plus bon qu'à rejoindre un musée ou à être ferraillé, selon M. Reynders. La Défense recourt depuis de nombreuses années au "dry lease" pour la location d'un Airbus A321 à la compagnie portugaise Hi Fly, par le biais du courtier parisien Avico. Cet avion vole sous les couleurs belges depuis mai 2014. Il a succédé à un A330-322 - un ancien appareil de la Sabena - de même provenance utilisé par le 15e wing entre novembre 2009 et mars 2014.

  1. La Wallonie pourrait vendre ses crédits d’émissions de CO2 à la Flandre

    La Wallonie pourrait vendre ses crédits d’émissions de CO2 à la Flandre

    La Flandre n'atteindra sans doute pas les objectifs que l'Union européenne lui a fixés en matière de réduction des émissions de CO2, à savoir une réduction de 15,7 % entre 2005 et 2020. Elle pourrait dès lors racheter des crédits d'émissions à la Wallonie, ce que n'a pas formellement exclu le ministre wallon de l'Environnement, Philippe Henry (Ecolo), interrogé sur le sujet lundi, en commission du Parlement de Wallonie.