Magnette contre-attaque... en néerlandais: “Zen blijven”

Fort critiqué au nord du pays pour ses déclarations dans la presse qui ont, selon certains, précipité la fin de la mission royale de Koen Geens, Paul Magnette a répondu à ses détracteurs en vidéo, en français et en néerlandais. Face à la crise profonde que traverse le pays, le socialiste appelle à rester “zen.”

Paul Magnette a les oreilles qui sifflent en ce début de semaine, c’est un euphémisme de l’écrire. Lundi soir, Bart De Wever, le président de la N-VA, a accusé son homologue socialiste francophone d’avoir torpillé le travail accompli par l’émissaire Koen Geens, qui a rendu son tablier royal vendredi soir. Pis, le bourgmestre d’Anvers a même accusé le Carolo de ne pas dire la vérité à sa base à propos de la prétendue ingouvernabilité du pays.

Le CD&V n'était pas en reste ce mardi. Benjamin Dalle, ministre flamand au sein du gouvernement Jambon, a quant à lui déclaré que le président du PS se comportait en “saboteur du système et en allié objectif des séparatistes.” Ambiance...

Paul le bâtisseur

Après l’appel de la N-VA à former un front flamand, Paul Magnette a répondu que son parti avait plutôt l’ambition de créer des ponts. C’est ce qu’il a tenté de faire ce mardi en diffusant deux vidéo sur les réseaux sociaux dans lesquelles il s’exprime dans les deux langues nationales.

Puisque le Vlaams Belang et le PTB sont automatiquement exclus des négociations fédérales, la future majorité ne se trouvera donc que parmi les 120 des 150 sièges de la Chambre. “Il n’y a pas de majorité de centre droit ou de centre gauche possible. Il faut donc une majorité plus large et moins cohérente, ce qui est évidemment très compliqué”, explique Paul Magnette.

“La priorité, c’est le socio-économique”

Si une majorité simple est compliquée à trouver, une majorité des deux tiers, indispensable pour faire une réforme de l’Etat, l’est encore plus. “Certains partis veulent à tout prix faire une réforme de l’Etat maintenant. Or, ce n’est pas possible. Pour des raisons de procédure: la Constitution n’est pas ouverte à révision. Et, quand j’ai consulté les partis (en tant qu’informateur, ndlr), j’ai bien constaté qu’au moins huit partis ne veulent pas de réforme de l'État aujourd’hui. La priorité, c’est le socio-économique”, ajoute-t-il.

Face au blocage politique, le PS ne plaide pas pour des élections. “Les élections ne sont pas une réponse. Les citoyens se sont prononcés, c’est maintenant au tour des politiques de prendre leurs responsabilités pour faire une majorité avec un projet positif”, assure-t-il.

Citation

“Je ne fais pas d’attaque personnel­le, je n’y réponds pas. Je respire profondément et je reste calme”

Paul Magnette, Président du Parti socialiste

Le PS rappelle également sa volonté de faire un audit du déficit budgétaire laissé par le gouvernement sortant. Il répète ses priorités: augmentation des basses pensions, bas salaires et basses allocations, lutte contre la pauvreté, engagement de moyens pour réaliser la transition environnementale.

Cible de nombreuses critiques, venant surtout du CD&V et de la N-VA, après l’échec de la mission de Koen Geens, le président socialiste réaffirme qu’il “veut construire des ponts entre les gens”.

“Je ne fais pas d’attaque personnelle, je n’y réponds pas. Je respire profondément et je reste calme”, conclut Paul Magnette qui appelle à rester zen des deux côtés de la frontière linguistique.

Magnette plaide l’apaisement après son entretien avec le Roi

 Le roi Philippe a reçu en audience, mercredi matin, le président du PS Paul Magnette au Palais Royal.

“Il faut toujours être serein, et pas seulement maintenant. Il faut essayer d’apaiser et de réparer les choses”, a déclaré le président du PS, à l’issue de son audience avec le Roi.

M. Magnette était le premier président de parti à être reçu en audience mercredi, dernier jour de consultations du Roi Philippe à la suite de la démission du chargé de mission royale Koen Geens (CD&V) vendredi dernier.

“Il faut reprendre les discussions sereinement. Il y a déjà beaucoup de bases posées par les missions précédentes et il faut surtout se concentrer sur le contenu. Ça fait trop longtemps qu’on parle de différents types de coalitions, ce n’est pas comme ça qu’on va trouver des solutions”, a estimé le président du PS à son entrée au Palais.

Paul "Zen" Magnette
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Paul "Zen" Magnette © Twitter @PaulMagnette