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"Le comportement prescripteur et l'appréciation de la capacité (incapacité) de travail des médecins sont déterminants", estime la FEB. © getty

Malades de longue durée: "Il faut responsabiliser aussi les médecins"

UpdatePour la FEB, une responsabilisation équilibrée entre les trois acteurs concernés (employeurs, travailleurs et médecins) est fondamentale dans le cadre de la réintégration des travailleurs en incapacité de travail. "Chacun a son rôle et si l'on s'adresse à une seule partie, cette mesure n'aura que peu d'effet sur le terrain. Cet accord couvre à la fois les employeurs et les travailleurs. Nous espérons que des mesures concrètes suivront pour responsabiliser aussi les médecins. Le comportement prescripteur et l'appréciation de la capacité (incapacité) de travail des médecins sont déterminants dans cette problématique", estime la Fédération des entreprises de Belgique.

"La FEB trouve positif que le projet de loi se réfère à des efforts raisonnables de l'employeur, c'est-à-dire que le mécanisme tient compte de la nature et de l'étendue des activités ainsi que des possibilités techniques et organisationnelles dont dispose l'employeur pour fournir, le cas échéant, un travail adapté et/ou un autre travail, et ce, sans occasionner des charges disproportionnées", souligne la FEB.

"Une entreprise qui respecte les règles ne doit pas être responsabilisée: ce n'est que dans la mesure où la réintégration est réellement possible, mais que l'employeur persiste à ne pas prévoir de plan de réintégration que celui-ci pourra éventuellement en être tenu responsable. La FEB soutient une politique visant un retour au travail le plus rapide possible. Tous les acteurs doivent à présent assumer leurs responsabilités et nous comptons sur une mise en œuvre équilibrée de cette approche", affirme Kris De Meester, conseiller sécurité et santé au travail.

La sanction plutôt que l'accompagnement, dénonce le PS
La seule obsession du gouvernement Michel est de "contraindre les travailleurs malades à reprendre le travail ou les sanctionner", a regretté vendredi le groupe PS de la Chambre après l'approbation par le conseil des ministres de l'avant-projet de loi relatif à la réinsertion des malades de longue durée.

Selon Frédéric Daerden, "il conviendrait plutôt de réorganiser les conditions de travail pour permettre au travailleur de se réintégrer sereinement". Ce qu'il faut, c'est un meilleur accompagnement, un plan de reclassement, des formations supplémentaires et des postes de travail adaptés, souligne-t-il.

"Le gouvernement Michel tente ici de nous faire croire que les travailleurs malades se complaisent dans les aides sociales alors que tous les indicateurs démontrent, au contraire, qu'ils souhaitent reprendre le travail dès que leur état de santé le permet. Doit-on rappeler au gouvernement que ces travailleurs sont déjà victimes d'une perte de revenus puisqu'ils ne touchent que l'équivalent de 60% de leur salaire?", s'est pour sa part indigné Jean-Marc Delizée.

Le PS rappelle que les trajets de réintégration dans l'entreprise pour les malades de longue durée mis en place par le gouvernement Michel débouchent dans près de 70% des cas sur un licenciement pour "force majeure médicale", c'est-à-dire sans préavis ni indemnité. "Comment croire que la menace d'une sanction pécuniaire sera le remède magique", se demande-t-il dès lors.