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Mathéo et sa maman Jessy. © Jessy Soete

“Maman, pourquoi je suis encore en vie?”: le cri de détresse de la mère d’un enfant harcelé

Mathéo, bientôt 14 ans, subit les moqueries et les insultes de ses camarades depuis sa plus tendre enfance. Simplement parce que l'adolescent est roux et autiste. Après avoir perdu toute estime de soi, le jeune garçon en vient même à se demander s’il ne vaudrait pas mieux qu’il ne soit plus là. Sa maman a partagé sa détresse sur les réseaux sociaux. 

Mathéo aura 14 ans la semaine prochaine. Un anniversaire qu’il fêtera, une fois encore, dans la tristesse. L’adolescent ne voit plus la beauté qu’il y a en lui et à quel point ses parents sont fiers de lui. Parce qu’il est traité de “sale rouquin” depuis tant d’années, Mathéo a désormais l’intime conviction d’être laid. 

Ce mardi, Mathéo est rentré de l'école en pleurs. Une scène devenue tristement habituelle pour sa mère, Jessy Soete, qui a décidé de partager sa colère et son désespoir sur les réseaux sociaux.  Son cri de détresse a été partagé à plusieurs milliers de reprises. “Merci de vous être encore moqués de mon fils parce qu’il est roux. J’espère qu’un jour vous réaliserez à quel point vous pouvez blesser quelqu’un en agissant de la sorte”, a-t-elle écrit en s’adressant aux harceleurs de son fils.

“Je dois faire quelque chose. Mon cœur s'est de nouveau brisé quand Mathéo est rentré à la maison en me disant qu’il ne voulait plus jamais jouer au football”, dit Jessy Soete, une aide-ménagère qui vit à Harelbeke (Flandre-Occidentale) avec son mari Martin Pauwels et leurs trois enfants. Dans le vestiaire, deux garçons se sont moqués de son fils en le traitant de “gros rouquin.” Le jeune garçon venait à peine de changer de club car il était harcelé par ses anciens coéquipiers. Ces attaques l’ont dégoûté du football, sa passion. 

Moqué dès son plus jeune âge

Mathéo est moqué depuis qu’il est venu au monde. Littéralement. À la maternité, Jessy a subi des remarques sur le physique de son fils. Les moqueries ont commencé à l'école primaire et se sont aggravées lorsque le garçon, qui avait pris un peu de poids, est entré à l'école secondaire. 

“Son autisme l’empêche d’être complètement autonome, et il ne sait donc pas se défendre. Il est une proie facile pour les petites brutes", explique sa maman à Het Laatste Nieuws. Heureusement, l’école intervient à chaque incident. Comme cette fois où des gamins lui ont lancé des pièces (rouges) à la tête dans le réfectoire. Ils ont été punis mais les moqueries et les insultes ne cessent jamais.

“Porter plainte à la police ne servirait à rien”

Le souci, dit sa mère, c’est que Mathéo est désormais attaqué en dehors de l’enceinte de l'école, qui ne peut donc pas intervenir. À l’abribus ou tout simplement dans la rue, on lui dit qu’il pue ou qu’il ferait mieux de mettre sa capuche lorsqu’il pleut pour ne pas devenir encore plus rouge. “Porter plainte à la police ne servirait à rien car ce sont des étrangers qui l’insultent”, regrette-t-elle. 

Ce harcèlement a des effets désastreux sur Mathéo. “Il a une très faible estime de soi, il est devenu très introverti ces derniers temps” soupire sa maman. L’adolescent passe désormais le plus clair de son temps dans sa chambre où il joue à la Playstation et discute avec ses amis virtuels sur Internet. “Le fait que personne ne puisse le voir et qu’il ne puisse pas être attaqué sur son apparence lui procure un sentiment de sécurité. Il veut à peine sortir avec nous, de peur qu’on se moque de lui. Il pleure beaucoup, dort très mal, et il est parfois très abattu.”

Mathéo consulte des psychologues et des psychiatres depuis des années, sans grand effet. “Ils font ce qu’ils peuvent pour lui redonner confiance en lui, mais c'est compliqué”, admet sa mère qui craint que son fils en vienne à commettre l’irréparable. 

Sa mère craint pour la vie de son fils

“Il y a deux ans, il m’a demandé pourquoi il était encore en vie”, dit Jessy d’une voix tremblante.  “Parfois, dans sa chambre, on l’entend dire qu’il est un perdant, que personne ne l’aime...”

Malgré ce qu’il subit, Mathéo reste un enfant très doux et reconnaissant, souligne sa maman. “Il nous remercie souvent pour ce que l’on fait pour lui. Parfois, il me serre si fort que les larmes me montent aux yeux.  Je ne peux pas décrire à quel point cela fait mal que nous, en tant que parents, ne puissions pas l’aider à le rendre heureux. Malgré l’amour que son père et moi lui portons, notre fils reste tout aussi malheureux. À cause de ce que ces brutes lui font vivre.”

“Personne ne mérite de souffrir autant”

En publiant son message sur Facebook, Jessy veut que les harceleurs de son fils réfléchissent à deux fois aux conséquences de leurs actes. Et qu’ils cessent de s’en prendre à lui. “Je ne le fais pas uniquement pour mon fils, mais pour chaque enfant harcelé. Personne ne choisit son apparence, personne ne choisit d’être autiste. Personne ne mérite de souffrir autant”, conclut-elle.

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La maman de Mathéo a partagé sa colère et sa détresse sur Facebook. © Jessy Soete
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