Le cimetière de Roux (Charleroi) n'est plus entretenu depuis un bon moment.
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Le cimetière de Roux (Charleroi) n'est plus entretenu depuis un bon moment. © I.V.

Mauvaises herbes, troncs d’arbres... Le cimetière de Roux n’est plus entretenu: “C’est honteux”

InterviewsLa crise du coronavirus a compliqué l’organisation des funérailles. Afin de respecter le confinement et les mesures de distanciation sociale, les enterrements se sont déroulés dans la plus stricte intimité. À partir du 18 mai prochain, ils pourront toutefois accueillir 30 personnes. Mais aucune réception ne pourra se tenir dans la foulée.

Isabelle Vosse a été stupéfaite de constater dans quel état se trouvait le cimetière de Roux (Charleroi) dimanche après-midi: “Le cimetière est laissé à l’abandon. De l’herbe pousse partout entre les tombes et de l’autre côté du cimetière, c’est encore pire. Il y a des troncs d’arbres dans les allées. On ne sait pas passer. Il y a même des tombes que l’on ne voit plus à cause des mauvaises herbes. J’ai été choquée de voir ça.”

Cette citoyenne s’était rendue là-bas à l’occasion de la fête des mères. Elle souhaitait y déposer des fleurs. Mais elle en a également profité pour se recueillir sur la tombe de son père: “C’est honteux de laisser ça comme ça. J’ai dû monter sur une autre tombe pour aller sur celle de mon papa. Il faut aller sur place pour se rendre compte du bordel.”

400 décès

De son côté, l’échevin carolo des Cimetières, Mahmut Dogru (PS), était très en colère lorsque nous l’avons joint: “Mes propos vont peut-être être crus. Mais les gens qui critiquent cette situation font preuve d’une grande inconscience. C’est incompréhensible. Nous sortons d’une période de confinement. Nos fossoyeurs n’ont pas pu avoir recours à des camions frigos pour stocker les cadavres. Ils ont travaillé d’arrache-pied pour inhumer les dépouilles dans les trois jours afin que les familles puissent faire leur deuil. Ceux qui se plaignent préfèrent peut-être que les cadavres soient entassés à la morgue? En plus de cela, il a fallu exhumer des corps car certains cimetières ne disposent plus d’assez de places. Alors, parler de pissenlits dans un cimetière, ce n’est clairement pas la priorité.”

Pour illustrer ses propos, Mahmut Dogru nous apprend que 400 décès ont été enregistrés la semaine passée: “Les fossoyeurs ont dû exécuter 200 opérations d’exhumation.”

Or, le personnel en période de confinement était en effectif réduit: “Nos employés ne travaillaient qu’un jour sur deux à cause du confinement.” Un confinement qui a pris fin ce lundi bien que les règles de distanciation sociale soient toujours en vigueur. Les fossoyeurs ont dès lors repris un rythme de travail plus soutenu: “Il ne faut pas oublier non plus que le glyphosate est interdit en Wallonie. Ils doivent donc intervenir tous les quinze jours pour éviter la prolifération des mauvaises herbes. Sans quoi, il y en a partout.”

Responsabilité des familles

Toujours hors de lui, l’échevin socialiste prend résolument fait et cause pour ses travailleurs: “C’est honteux de leur faire des reproches! Ils ont œuvré le samedi, le dimanche et le lundi de Pâques. Ils ont connaissance des critiques qui sont faites à leur égard. Ils ont le moral dans les talons. Personne ne les comprend. Pourtant, ils mettent tous les jours leur famille en danger. Car le coronavirus peut s’attraper à partir des dépouilles contaminées. Et c’est comme ça qu’on les remercie? Ils ne me l’ont pas dit, mais je suis certain que s’ils avaient su ça, ils ne se seraient pas décarcassés pour se rendre disponibles les jours fériés.”

Il va même plus loin et rejette la responsabilité de l’état des cimetières aux familles des défunts: “Elles ont la responsabilité d’entretenir leurs tombes. Pour moi, les fossoyeurs sont des héros au même titre que les infirmières. Or, tous les jours à 20 heures, personne n’applaudit pour eux. Je ne demande pas qu’on le fasse. Mais s’occuper de la propreté des lieux, c’est trop demander aux gens? Vraiment, geindre pour des mauvaises herbes, c’est trop facile!”

La Ville de Charleroi compte 23 cimetières sur son territoire.

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