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Mehdi Nemmouche appears in court in Brussels, Belgium March 12, 2019. REUTERS/Yves Herman/Pool © REUTERS

Mehdi Nemmouche a été transféré en France

Mehdi Nemmouche a été transféré vers la France durant la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué à l’agence Belga Me Sébastien Courtoy, conseil de Mehdi Nemmouche, confirmant une information du journal La Dernière Heure. Les unités spéciales ont participé au transfert. Tout s’est fait dans la discrétion la plus totale par crainte d’une éventuelle évasion, dans la nuit de jeudi à vendredi, selon le quotidien.

Deux mois après sa condamnation en Belgique, Mehdi Nemmouche a été transféré vers la France pour faire face à un nouveau procès. Le Français de 34 ans a été condamné le 12 mars dernier par la cour d’assises de Bruxelles à la réclusion à perpétuité pour l’attentat commis au Musée juif de Belgique. Cette attaque avait coûté la vie à quatre personnes le 24 mai 2014.

Il y a quelques heures, Mehdi Nemmouche a discrètement été transféré de la prison de Leuze-en-Hainaut vers la France où l’attend un autre procès. Il est suspecté d’avoir été le geôlier de journalistes français retenus en otages en Syrie, entre 2013 et 2014.

Selon la Dernière Heure, Mehdi Nemmouche a été transféré durant la nuit de jeudi à vendredi. Il est donc actuellement incarcéré en France.

D’après le journal français L’Express et l’AFP, le transfert a eu lieu mercredi. Les médias français ont également précisé que Mehdi Nemmouche se trouve maintenant en détention provisoire, dans l’attente de son procès, au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin, en Seine-et-Marne.

Le transfert de Mehdi Nemmouche a eu lieu en vertu du mandat d’arrêt européen émis contre lui le 30 juin 2016 par la justice française. Des juges antiterroristes parisiens l’ont en effet inculpé pour “enlèvement et séquestration en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste” et pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle”.

Mehdi Nemmouche a en effet été désigné par des journalistes français qui avaient été pris en otage en Syrie entre 2013 et 2014 comme l’un de leurs geôliers.

Deux des quatre journalistes otages, Didier François et Nicolas Henin, ont témoigné devant la cour d’assises de Bruxelles, en février dernier. La défense de Mehdi Nemmouche s’était opposée à leur témoignage, considérant que cela relevait d’une enquête initiée en France et non du dossier de l’attentat au Musée juif de Belgique.

“Abou Omar”

Mais l’accusation et la partie civile avaient estimé que le témoignage des journalistes pouvait être important pour comprendre qui était Mehdi Nemmouche. La cour d’assises avait rejoint les arguments de ces derniers et avait cité les reporters comme témoins.

Didier François et Nicolas Henin ont alors longuement expliqué devant la cour le calvaire qu’ils ont subi dans les geôles syriennes. Ils ont confirmé qu’ils n’avaient aucun doute sur le fait que Mehdi Nemmouche était l’un de leurs geôliers, appelé “Abou Omar”.

Mehdi Nemmouche, lui, a refusé de reconnaître ou non les témoins. Il sera amené à s’exprimer à nouveau sur ces accusations, en France cette fois.